Le 8 mars prochain, Blick Bassy publiera « 1958 » son quatrième album, un peu plus radical que les précédents.

Le chanteur, compositeur, guitariste et percussionniste Blick Bassy sur scène lors de la deuxième journée du Womad Festival à Charlton Park le 29 juillet 2016 à Wiltshire, en Angleterre.
Le chanteur, compositeur, guitariste et percussionniste Blick Bassy sur scène lors de la deuxième journée du Womad Festival à Charlton Park le 29 juillet 2016 à Wiltshire, en Angleterre. © Getty / C Brandon / Redferns

Blick Bassy est né à Yaoundé en 1974, originaire de l’ethnie Bassa. Très jeune, il baigne dans la culture traditionnelle qui comprend à la fois les activités agricoles, la chasse, la pêche mais aussi la musique et plus particulièrement l’Assiko, une danse de fête traditionnelle camerounaise. 

Comme beaucoup d’adolescents, il fonde un groupe alors qu’il est encore au lycée, qui connait une ascension fulgurante dans son pays. Sous le nom de Macase, Blick Bassy joue une musique qui mêle les rythmes bantous avec la soul et le jazz. 

Auréolé de quelques prix prestigieux au niveau national et international, il finit par poursuivre sa carrière en solo et vient s’installer à Paris en 2009. 

Il y publie l’album « Léman », enregistré au studio de Salif Keita au Mali, un disque aux sonorités folk très acoustiques où Blick Bassy pose les bases d’un style qui lui est très personnel, mélangeant de nombreuses influences : traditionnelles camerounaises et musiques noires et latines contemporaines. Les chansons sont interprétées en français, en anglais et en bassa comme dans « Africa »

Sur son deuxième album, « Hongo calling », Blick Bassy fait évoluer quelque peu sa musique, toujours fidèle aux rythmes de son terroir qu’il teinte cette fois de soul et de funk. Un disque qui retrace par la même occasion le chemin parcouru par les esclaves du Cameroun vers le Brésil qui emportaient avec eux leurs musiques. Dans ses textes, il tisse et raccorde sans cesse la composition musicale à ses recherches et ses réflexions qui font la vie d’un homme. Il le reconnaît quand il déclare : 

J’essaie de faire en sorte que chaque disque ne soit pas seulement une collection de chansons, que ce que je raconte aille au-delà de la musique elle-même

Avec son troisième album « Ako » paru en 2015 et qui le consacrera définitivement, Blick Bassy part cette fois du côté du Mississippi hanté par le bluesman Skip James. Là, on navigue entre le swing de la Nouvelle Orléans, le rhythm & blues et les mélodies intimistes, le tout sur fond d’harmonica, de banjo et de trombone. 

Blick Bassy publiera Le 8 mars prochain son quatrième album, un peu plus radical que les précédents. Intitulé « 1958 », Bassy a décidé de se reconnecter avec son histoire en s’intéressant à un épisode douloureux, déformé ou occulté par la France autant que par le Cameroun, selon lui, qui sera le fil conducteur du disque.

Le musicien raconte la mémoire et l’histoire de Ruben Um Nyobé, un homme considéré dans son pays comme un héros de la lutte pour l’indépendance du Cameroun (que le pays finira par obtenir en 1960). Il dirigeait l’UPC, l’Union des populations du Cameroun et fut abattu par l’armée française le 13 septembre 1958 dans la forêt où il se cachait... 

Blick Bassy, album « 1958 » à paraître le 8 mars (No Format / Tôt ou Tard). 

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