Pat Thomas, la légende du highlife ghanéen, est célébré sur le continent comme étant « la voix d’or de l’Afrique ». Il a commencé très tôt dans la musique, dès l’adolescence, en tant que chanteur et parolier dans le groupe de son mentor et oncle, King Onyia, connu notamment pour son travail aux côtés de Nat King Cole.

Le retour de Pat Thomas, la légende ghanéenne du highlife  avec "Obiaa !" - (Strut Records / Differ-Ant)
Le retour de Pat Thomas, la légende ghanéenne du highlife avec "Obiaa !" - (Strut Records / Differ-Ant) © Getty / C Brandon / Redferns

Mais sa renommée a réellement démarré après sa rencontre avec une autre légende du highlife, Ebo Taylor. 

Le highlife, est un courant musical qui a rayonné dès les années 60 à travers tout le continent africain. Il est né du croisement entre les chants d’églises, la musique militaire et les musiques de la côte du Ghana, comme le calypso. 

Ce rythme connaît un essor à Accra - la capitale - devenu le lieu de transit des forces alliées en campagne au Moyen-Orient. Des milliers de soldats européens et américains dont de nombreux musiciens qui y faisaient escale, mêlaient au highlife originel, le jazz et le swing. 

Du haut de ses 72 ans, Pat Thomas reste aujourd’hui un des maîtres du highlife, à travers les rythmiques souples et hypnotiques, les guitares calypso qui ondulent et les cuivres jazz chaleureux. 

Il est la figure centrale de la dernière génération pour laquelle cette musique a dominé la scène musicale du Ghana et de l’Afrique de l’Ouest. Tony Allen, le légendaire batteur de Fela Kuti, le confirme : « Je suis un batteur d’afrobeat mais Pat incarne à lui seul le highlife. C’est ce qu’il fait si bien »

Le grand talent de Pat est d’avoir su faire évoluer cette musique populaire sans avoir dénaturé ses fondamentaux, en modernisant les arrangements des cuivres et des voix, en le rendant du coup plus pertinent et plus funky. 

En 1978, il enregistre avec Tony Allen lors d’une des rencontres les plus emblématiques de l’histoire d’Afrique de l’Ouest. Malheureusement les sessions réalisées ensemble ont été endommagées, et par la suite perdues. Un malheur n’arrivant jamais seul, quatre ans plus tard, l’industrie musicale ghanéenne sera complètement détruite par l’arrivée d’une dictature mettant ainsi un terme aux traditions musicales du pays. 

Pat Thomas quitte le Ghana pour Londres, puis Berlin, avant d’atteindre le Canada où il passera dix ans de sa vie. 

Pat Thomas & Kwashibu Area Band : « Gyae Su » (2015) 

Mais l’éloignement forcé de Pat Thomas du Ghana n’a pas pour autant entamé sa popularité dans son pays natal… bien au contraire ! Exilé à l’étranger, il publie plusieurs titres qui obtiennent un énorme succès au Ghana et en Afrique de l’Ouest, alors même qu’il ne pouvait s’y produire en concert ! 

En octobre 2019, Pat Thomas est de retour, accompagné par son groupe, le Kwashibu Area Band, avec un album intitulé « « Obiaa ! » (« Bienvenue » en VF). 

Il y a quelques semaines, en concert au New Morning à Paris, l’artiste ghanéen a pu prouver au public très nombreux (et fidèle !) qu’il n’a rien perdu de son énergie sur scène tandis que sa voix est restée intacte. 

Pat Thomas & Kwashibu Area : album « Obiaa ! » - (Strut Records / Differ-Ant)

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