C'est en effet en 1989, il y a tout juste 30 ans cette année, que sortait le premier album du groupe les Innocents.

Les Innocents, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, le 11 décembre 2018.
Les Innocents, JP Nataf et Jean-Christophe Urbain, le 11 décembre 2018. © Maxppp / PHOTOPQR/LE PARISIEN/Jean-Baptiste Quentin

Nous sommes en 1989. Après un succès en 45 tours au top 50 en 1987 avec « Jodi », les Innocents publient « 100 m au paradis », un excellent disque, petit bijou de pop, musique injustement boudée par le public. Un album important dans l’histoire parfois contrariée et difficile des groupes français qui, dans les années 80, voulaient imposer un son anglo-saxon sur le passage piéton d’Abbey Road, tout en le traversant avec des textes en français, exigeants, pas bidons, comme chez Souchon

Les Innocents, en bordure dylanienne, ont ajouté leur soupçon de folk hexagonal. Une pincée d’accordéon (touche française patrimoniale oblige) évitant alors forcément la posture ultra légère, distanciée d’une pop de top 50, jouant alors avec des codes de la variété française. 

Trente ans plus tard, les Innocents reviennent avec un album qu’ils ont intitulé «  6 ½ » comme en réalité le nombre d’albums publiés par le groupe. Le demi étant cet autre objet culte, un EP de Noël, qui par sa qualité et le choix des titres, donnera à toute une nouvelle génération l’envie décomplexée d’enregistrer des chansons de Noël sans que cela soit possiblement ringard, ou pénible. Pour l’occasion, les Innocents avaient concocté ce disque avec la même spontanéité que celle que l’on retrouve aujourd’hui dans leur nouvel album. Ils avaient été cherché, entre autre, une chanson de Barbara, revue et corrigée dans un blues malade, aux accents sensuellement désespérés.

Noël est passé. Le printemps est presque là, et les Innocents reviennent avec 10 nouvelles chansons qui renouent avec les codes de la pop qui s’écrit dans une forme de lâcher-prise. Il faut dire que leur retour en 2015 avec l’album « Mandarine » s’était joué dans une sorte de pression dite du "come-back". 

Il fallait retrouver le plaisir de jouer ensemble, réviser les fondamentaux et écrire une nouvelle histoire qui puisse séduire. Rassurés, les Innocents, à savoir Jipé Nataf et Jean-Christophe Urbain ont abandonné leurs pudeurs respectives, et ont accepté d’enregistrer un album sans trop s’arrêter pour avoir le temps de douter.  Et dès les premières mesures du titre qui ouvre l’album, « Quand la nuit tombe », une chanson d’amour juste, en demi-teinte entre bilan sur la gamme perte et profits, et espoirs d’un après sans ténèbres.

Le premier extrait de l’album des Innocents à paraître le 15 mars prochain, est une sorte de retour en enfance. « Apache » est une ode à la légèreté, la chanson souffle un vent de libération. 

changer de tête, d’air, de nom et de rue /oui t’aimerais te perdre au milieu des fleurs…débarrasser les pierres au fond de ton cœur/ ne plus tenir ce que t’as laissé passer/redevenir comme autrefois plus léger.

Il y a effectivement quelque chose de la philosophie apache dans ce titre : 

Il est préférable d’avoir moins de tonnerre dans la bouche et plus de foudre dans la main.

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