Moodoïd c’est Pablo Padovani, musicien, auteur compositeur, interprète, mais aussi réalisateur de clip. Un jeune homme touche à tout mais qui a voulu amorcer un virage artistique avec ce nouveau disque sorti le 8 juin.

Alexandre Marchi de Moodoid en concert en 2014
Alexandre Marchi de Moodoid en concert en 2014 © AFP / Marchi Alexandre

Et de fait, il ne pouvait pas en être autrement pour Pablo Padovani qui considère chaque album comme un recommencement. Pour ce nouvel album, Moodoïd s’est inspiré du hip hop et de la culture du sampling. Mais avec l’idée, à partir d’une banque de sons constitués, de revenir à une musique jouée, vivante, organique. 

Pour l’occasion il va même s’entourer d’une sorte de big band issu de la matrice jazz et qui se confronte à ce projet hybride. Le disque ainsi oscille en permanence entre des sons d’hier et une énergie d’aujourd’hui, portée par un environnement globalement nu disco. C’est la confrontation aussi, entre un monde ancestral et l’extrême modernité que Moodoïd a saisi en allant au Japon. Le pays du soleil levant a constitué pour lui un choc sensoriel. Incompréhension et curiosité exacerbée qui ont produit cette volonté d’enregistrer un album qui soit comme une ville fantasmée, imaginaire, libre et libertaire. Une cité champagne dans laquelle le langage devient celui du corps, d’une soumission aussi à une forme d’exotisme, et qui lui a inspiré le titre « Langage ».

Une chanson qui d’ailleurs existe en deux versions, l'une en duo avec une diva japonaise Kom I, qui fait partie d’un collectif house pop japonais Wednesday Campanella. Preuve que le Japon a été une vraie source d’inspiration parfois qui a même rattrapé son auteur. Puisqu’on sait aussi que c’est au Japon que les boîtes à rythmes et les synthétiseurs étaient fabriqués là-bas. Mais l’album est aussi l’occasion pour Moodoïd de creuser le sillon de sa propre sensualité. Le réalisateur de l’album, Pierre Rousseau, qui fait partie par ailleurs du groupe Paradis a confié à Pablo Padovani que son premier album « représentait un enfant sur une planète magique et que celui-ci traduisait la découverte de la passion et du sexe ». On peut souscrire à cette mutation, mais aussi affirmer que ce travail sur la sensualité, sur le territoire d’une sexualité libre et ambivalente où le reptile est force de symbole ne vient pas de nulle part. Comme dans le tantrisme, où le serpent de la Kundalini correspond à l’énergie matérielle et spirituelle innée dans l’homme.  Façon aussi pour Moodoïd de rendre hommage à son idole absolue, le petit Prince de Minneapolis, avec un disque qui lorgne du côté de son « Dirty Mind » paru en 1980, aux fantasmes débridés qui a sollicité la libération de son imaginaire. 

Moodoïd que l’on retrouvera évidemment aussi cet été sur scène. Le 05 juillet à Paris, dans le cadre du festival Days Off, à la Philharmonie avec d’ailleurs Flavien Berger qui a aussi collaboré sur un titre de l’album de Moodoïd que l'on retrouvera aussi le 17 juillet à Arles, au festival Les Escales du Cargo, au Théâtre Antique.

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