On a rendez-vous avec un artiste qui bien avant la crise du Covid 19, avait choisi de se masquer le visage avec une cagoule blanche, on ne connaît donc pas son visage mais sa voix enjôleuse et ses chansons précieuses font de lui, une des révélations de la pop néo-zélandaise, son nom ? Jonathan Bree !

Jonathan Bree, auteur-compositeur-interprète et producteur, sur scène au Bilbao BBK Live le 12 juillet 2019.
Jonathan Bree, auteur-compositeur-interprète et producteur, sur scène au Bilbao BBK Live le 12 juillet 2019. © Maxppp / Javier Zorrilla/EFE/Newscom

You're so cool, signé Jonathan Bree en 2017, un de ces personnages excentriques qui épicent l'histoire de la pop.

Il est né à Auckland, Nouvelle Zélande, pays plutôt réputé pour son rugby et ses kiwis que pour sa pop, c'est le fils d'un gourou spirituel et on sent bien qu'ils sont plusieurs à l'intérieur de Jonathan Bree !

La musique, pour Jonathan Bree, ça commence par la batterie, à 12 ans, dans le groupe gothique de son cousin, il était plutôt doué mais finalement, c'est en duo avec Heather Mansfield dans The Brunettes qu'il va s'épanouir.

The Brunettes, il y consacrera 20 ans, quatre albums, un nom qui évoque les girls band des sixties, un tropisme pour l'esthétique de ces années-là, un groupe qui devient culte pour les fans de pop indé et un son qui ressemblait à ça !

Baby, le son de The Brunettes avant leur séparation en 2010. 

Seul à bord, Jonathan Bree reste toujours un peu coincé dans les sixties, françaises cette fois-ci, c'est un grand fan de Gainsbourg et de Jean Claude Vannier mais il s'initie également à la musique classique, celle de Tchaïkovski, de Bartok et ça lui donne de belles idées d'arrangement pour sa pop orchestrale avec toujours plus de cordes et de choeurs célestes.

Des chœurs qui soutiennent sa voix qui "croone", une voix et une attitude qui évoquent par moments celles de David Bowie, cador du travestissement et du story telling.

Car Jonathan Bree est bien conscient qu'aujourd'hui, l'histoire a autant d'importance que la musique.

Il se construit alors un personnage, en disparaissant derrière ce tissu blanc entre masque et cagoule qu'il porte même sur scène comme tous ses musiciens, se réincarnant en Fantômas pop.

Waiting On The Moment premier extrait de son quatrième album After The Curtains Close.

Un disque décalé au 17 juillet à cause du Covid mais dont on peut déjà découvrir des titres sur internet.

Un disque écrit suite à une rupture, ce sont les meilleurs, un disque qui raconte une année de solitude et de traumatisme mais qui s'exprime dans une humeur presque festive, comme si le besoin de s'étourdir prenait le pas sur le spleen.

Jonathan Bree se fait même un peu cynique, un peu vache, célèbre les nouvelles rencontres amoureuses, fait danser sa pop, sauter les octaves, surfe sur les époques et les sons, bref, il fait le show !

Un show flamboyant mais que ce Mr Loyal austral conclut par un constat un peu amer sur le statut de l'artiste : toujours là pour divertir mais bien seul quand le rideau tombe. 

Album After The Curtains Close, disponible le 17 juillet sur Lil Chief Records

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