Une nouvelle chanson qui préfigure la sortie d’un nouvel opus, 6 mois à peine après la sortie de son dernier album studio “Il Francese”, clin d’œil à Joachim Murat, héros napolitain devenu roi de Naples. Ce nouvel album qui sortira le 19 avril s’intitule “Inamorato”.

Jean-Louis Murat sur la scène de la salle Poirel, lors du Nancy Jazz Pulsations (2015)
Jean-Louis Murat sur la scène de la salle Poirel, lors du Nancy Jazz Pulsations (2015) © Maxppp / Alexandre Marchi PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

En français, « Inamorato », cela signifie que le chanteur Jean-Louis Murat est amoureux. Loin d’éventuelles spéculations privées, cet état amoureux semble signifier que Murat court, à ne pas perdre haleine, après son saisissant dernier album studio Il Francese. Un disque de renaissance, de reconstruction, après la désintégration électronique de ses grands travaux magistraux sur la « RN 89 »

Murat prouve une fois encore qu’il est un artiste cortexé. Parce que lorsqu’il se retrouve artistiquement en phase avec ce qu’il a de plus profond, il éprouve souvent le besoin d’exprimer sa félicité créative dans un enregistrement en public. Comme quand après l’album Babel, Murat avait retrouvé le Delano Orchestra pour figer le miracle. Ici c’est en compagnie de Frédéric Jimenez à la basse, et Stéphane Reynaud à la batterie qu’il renoue avec la mythologie du power trio. C’est "Jean Louis Murat Expérience" qui poursuit son œuvre de recommencement artistique.

Ce nouvel album live a été enregistré à Décines, près de Lyon. Enracinement provincial oblige, Murat chanteur de terroir et de territoire (bien plus que spécifiquement auvergnat) a choisi cette date de concert pour exemple. Dont acte. Nous voilà plongés dans l’idéal "muratien". L’homme, son chant et sa guitare. L’homme et ses montagnes de questions. Son chant et ses étirements sensuels. Sa guitare pilier et souffle de vie, qui l’aide à toujours trouver le sens de la hauteur : Blaise Pascal, Marvin Gaye, et Steve Cropper dans un même ensemble humain. Et c’est ainsi que ces croisements aboutis dans le destin d’un saltimbanque parfois irascible donnent souvent des chansons exemplaires. 

Être parfois mal élevé avec son époque élève paradoxalement l’exigence artistique de Murat. Comme dans ce live, où soudain réapparaît une chanson issue de l’album Toboggan et où l’on réalise combien Murat chanteur est unique dans sa définition du blues français. Ce blues français c’est son bleu de travail, celui d’un orfèvre et humble ouvrier de la musique. 

Lors de la promotion de son dernier album studio, Murat déclarait :  

la poésie est la pratique la plus proche du mensonge. Ecrire des vers c’est apprendre à mentir. Je suis en état de défiance contre la poésie pure. J’ai flirté avec et j’ai vu que cela ne marchait pas.

Murat en version promo c’est cette humeur-là. Toujours vagabonde et changeante. Murat sur scène c’est autre chose. Une expérience chaque fois différente. C’est le tourment et le désespoir qui remplissent « Les jours du jaguar », chanson massive et abrasive qui joue la conclusion de son live. Et puis de temps à autre, Murat trouve la chanson qui renoue avec le groove, avec le petit galop irrésistible du cheval. Murat animal, sur fondation hip hop, semble nous dire que d’une tournerie rythmique on peut aussi réussir des chansons pour transistor. « Autant en faire quelque chose, plutôt que rien ». Le premier tube depuis bien longtemps pour Murat. C’est inédit et c’est réussi…  

L’album de Jean Louis Murat, Inamorato, sortira le 19 avril prochain, il est composé de 8 titres live et 4 inédits.

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