Le nouvel album de Dominique A en écoute exclusive sur France Inter.

Dominique A en 2015
Dominique A en 2015 © Maxppp / Franck Dubray

« Entendre la mer respirer, les animaux ne plus hurler », l’auteur Dominique A ne semble avoir d’autre choix que se faire plus direct dans son écriture. Histoire de temps et d’expérience aussi. On sent confusément que depuis ces dernières années Dominique A a saisi la profonde fonction politique du chanteur, et de son rôle dans la société. 

C’est la mission de celui qui est porteur d’une culture appréhendée comme une nécessité, une culture du cœur qui incite à se décentrer pour mieux se recentrer.

Dominique A possède un rapport à l’eau très fort

La vilaine, la Loire autant de fleuves qui lui dicte la force des mouvements imperceptibles. Ce mouvement est aussi dicté par la logique des cycles. Cycle de création. Cycle qui dicte aussi la une réalité. La prise de conscience à travers ce nouvel album que le chanteur doit poursuivre son œuvre de renouvellement tout en prenant en compte ce qui a déjà été fait et qui ne sera plus. C’est en sortant de sa zone de confort que Dominique A renait. Il en fait la première chanson qui ouvre le disque. Clin d’œil musical à ses débuts plus électroniques. Le jeu est-il de tout changer ou de sauver ce qu’on pourra, du début jusqu’à mi chemin. De mi-chemin jusqu’à la fin. 

"Cycle", c'est le titre qui ouvre le disque : façon de poser la reconstruction d’un album dont il faut rappeler qu’il est le premier volet d’un diptyque que Dominique publiera dans son intégralité à la rentrée. 

Le deuxième album sera plus acoustique et intimiste

Tandis que ce premier fait la part belle aux textures plus électroniques et au rythme insufflée à la fois par une boite à rythme analogique et l’apport de deux batteurs Sacha Toorop, frère de peau de longue date, et Etienne Bonhomme, complice de Claire Di Terzi dont on connait le travail sur la pulsation.  Nous avons eu la chance de découvrir la première chanson extraite de ce nouvel album » Toute latitude » accompagné d’un clip onirique signé Sébastien Laudenbach. Images et sons mêlés pour une  lente prière païenne et juvénile, au temps révolu de l'insouciance et à cette fébrilité adolescence parfaitement traduite par la boucle rythmique qui soulève les mots de Dominique A en apesanteur. 

« Se décentrer » se situe à la fin de l’album, en onzième position exactement, juste après une autre chanson magistrale et sidérante « Corps de ferme à l’abandon » sorte de "spoken word", littéralement mot parlé, qui fait la courte échelle à «  se décentrer ». Étrange cohabitation entre deux chansons. L’une, sorte d’état des lieux sur la désertification des campagnes, qui sous couvert d’une description d’un monde ancien et définitivement oublié, un monde pas franchement reluisant nous ferait penser que sa disparition n’est pas si terrible. L’autre, « se décentrer », qui sur une rythmique martiale et des guitares tranchantes, tissent le vœu d’un artiste qui semble vouloir croire encore possible cette révolution des consciences, écologique puisqu’il faut l’appeler ainsi et qui pourrait faire revivre le meilleur de ce monde ancien. Mais quoiqu’il en soit, nous ne serons jamais légers. On pourrait qu’on ne voudrait pas…

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