Voici un des premiers disques de ce printemps 2020, un printemps si particulier ! Celui d'un québécois, Louis-Jean Cormier, un des artistes les plus doués de sa génération, une voix respectée et adorée dans la Belle Province.

Louis-Jean Cormier, auteur-compositeur-interprète ors d'une conférence de presse lors du Festival d'été de Québec le 8 juillet 2016.
Louis-Jean Cormier, auteur-compositeur-interprète ors d'une conférence de presse lors du Festival d'été de Québec le 8 juillet 2016. © AFP / Florence Cassisi

Louis-Jean Cormier a même été coach dans la version québécoise de The Voice  mais une voix qui reste encore confidentielle chez nous. 

Mais tout cela devrait changer avec Quand La nuit tombe , son troisième album solo, un disque foisonnant et audacieux tant dans la forme que dans le fond.

Pour les amateurs de bonnes tounes canadiennes, Louis-Jean Cormier est loin d'être un inconnu, il a été le leader de Karkwa, un des groupes phares de la scène rock alternative de Montréal, au début des années 2000.

Karkwa sonnait rock, tonique et mélodique mais voilà, maturité, paternité sont passées par là et c'est en solo qu'il a décidé de continuer sa route avec des harmonies plus folk. 

Si tu reviens signé Louis-Jean Cormier, une chanson de son précédent disque Les Grandes Artères en 2015.

2015, soit cinq années sabbatiques avant son retour aujourd'hui. 5 années sabbatiques mais qui dit sabbat ne signifie pas paresse ! 

Cinq années pendant lesquelles, ce quadra a écrit la musique d'un film, celle d'un spectacle du Cirque du Soleil, co-réalisé l'album de Pétula Clark et puis surtout, Louis-Jean Cormiera ouvert son horizon, s'est baladé en Ethiopie, en Grèce, en Californie avant d'entreprendre ce nouveau voyage musical.

Alors, bye bye la guitare avec laquelle il a mis en électricité toutes ses chansons jusque-là, Louis-Jean Cormier est retourné s'asseoir derrière son piano, l'instrument avec lequel il a appris la musique. 

Et c'est ainsi qu'il a composé les dix titres de « Quand la nuit tombe » avec des pianos, avec des synthés, avec de l'organique, avec du numérique.

Pas une seule note de six cordes sur ce disque même si Louis-Jean Cormier reconnait avoir joué du piano comme s'il tenait une guitare entre les mains. 

Avec sa voix légèrement fêlée, le québécois ouvre des fenêtres sur sa psyché, c'est jusque-là son disque le plus intime, un disque marqué par le deuil de son père, survenu le premier jour du mixage et à qui il avait écrit ce blues aussi dépouillé qu'émouvant, Croire en rien, un titre qui part dans l'au-delà, une interrogation sur la religion car son père avait été prêtre avant de fonder une famille.

Un album donc traversé par le spirituel et le questionnement, mais aussi un regard sur notre époque, sur l'intransigeance et la violence des réseaux sociaux, l'égotrip, la masculinité toxique et le racisme ambiant comme dans Les Poings Ouverts.

Louis-Jean Cormier en duo ici avec le slammeur David Goudreault, une chanson dédiée à sa compagne éthiopienne, Rebecca Makonen, animatrice à la radio et à la télévision au Québec.

Un rollercoaster musical aussi tumultueux que sophistiqué, un disque qui va nous accompagner, qui va nous soutenir.

Dans 100 mètres haies, le titre d'ouverture, Louis-Jean Cormier évoque la difficulté des amours à distance, celles qui attendent sans doute certains et certaines dans les prochaines semaines.

Nul doute qu'ils vont trouver de la force et de la lumière dans ces chansons-là.

"Quand la nuit tombe" de Louis-Jean Cormier est sorti chez Yotanka

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