La réédition du dernier album d’Orelsan regroupe 10 nouveaux titres sous le titre signifiant : “La fête est finie - EPILOGUE”. Un épilogue en forme de feu d’artifice linguistique et musical.

Orelsan, rappeur français, sur la scène des 34ème Francolofies de La Rochelle (14 juillet 2018)
Orelsan, rappeur français, sur la scène des 34ème Francolofies de La Rochelle (14 juillet 2018) © Xavier Leoty

Pourtant, les rééditions semblent être le dernier remède appliqué à une industrie musicale qui cherche à vendre encore des disques, alors que pour le coup, on sent que comme le dit précisément Orelsan : « la fête est finie c’est pour bientôt ». 

Orelsan, lui, nous démontre que cette crise de la dématérialisation s’accompagne d’un incroyable sursaut créatif. Dix nouveaux titres font donc la courte échelle à l’album sorti le 20 octobre 2017, il y a tout juste un an. Avec toujours ce besoin pour Orelsan de faire le point sur lui-même, c’est-à-dire de parler d’un artiste immergé dans le succès, d’une star comme lui et de toutes ces filles qu’il n’aura pas puisqu’il est décidément très amoureux, d’un chanteur provincial dont la famille est constitutive de ce qu’il est, effet miroir très précis de son identité. Il y a un an, on découvrait « Défaite de famille », qui racontait par le menu détail une galerie de portraits dont on se disait qu’elle susciterait une rafale de réactions. Retour à l’envoyeur, beau joueur Orelsan récidive dans « La famille la famille » et cette fois passe du "famille je vous hais" à "famille je vous aime".   

La famille, c’est aussi l’occasion pour Orelsan de rendre un hommage vibrant à se grands-parents sur un sample de Colette Magny. Un texte qui est d’ores et déjà un classique. Au même titre que les très grandes chansons de Renaud. Décidément, Orelsan est le seul rappeur capable de vous piquer les yeux. Le seul capable de vous faire pleurer pour une déclaration d ‘amour à sa chérie comme dans Paradis et encore le seul à vous bouleverser littéralement par la justesse de son observation, doublé d’un sens de l’affection distanciée, école Starsberg appliqué au rap.

Orelsan fait également un bilan sur sa vie, son rôle d’auteur et de rappeur. Il écrit et dit :

Ma vie, c’est de trouver les mots justes. Ma vie, c’est de trouver des formules ;

Il revient également sur son enfance et son adolescence, rappelant au passage  :

Je suis né au même endroit que Balavoine, adolescent naïf, maladroit, arrogant et timide à la fois, paroles hardcore comme une carapace. ;

C’était avant. Aujourd’hui, Orelsan veut laisser une trace, laisser une marque. Il a vendu plus de 600 000 albums dans un monde qui tourne la page du disque. Il sait que la ligne d’arrivée est souvent celle du départ. C’est lui définitivement le futur, Orelsan qui décidément n’a rien fait comme les autres.

Orelsan qui s’apprête après encore deux dernières dates à Bercy à prendre du champ.

J’écris comme une sorte de vidange juste avant d’embrasser le silence ;

Pour continuer à devenir ce qu’il voulait être. Un monsieur. 

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