"Transmissions : The Music of Beverly Glenn-Copeland » c’est le titre d’une très belle compilation (anthologie qui vient de paraître, éditée par le label Transgressive) qui réunit différents titres de la carrière très, très singulière de cet artiste.

Portrait de l'artiste Beverly Glenn-Copeland.
Portrait de l'artiste Beverly Glenn-Copeland. © Alex Sturrock

Artiste née femme, noire, à Philadelphie en 1944, et qui va opérer un nombre important de transitions dans sa vie : de la musique classique au jazz avant d’arriver à la musique faite par ordinateur, en passant par la méditation et les musiques pour enfant, de Beverly à Beverly Glenn-Copeland, un musicien désormais installé au Canada. Parce qu’il aime y regarder la mer et parce que la situation de personne transgenre est devenue trop dangereuse pour lui aux Etats-Unis. 

« Ne désespère pas » c’est le message de cette chanson de Beverly Glenn-Copeland enregistrée en 1970 pour son premier album. A l’époque édité à 250 exemplaires, le disque, bien que très beau, ne touchera que très peu de monde. 50 ans plus tard, la chanson trouve un nouveau public et prouve peut-être que le message compte plus, parfois, que le temps de la transmission. 

Vous n’avez peut-être jamais entendu parler de Beverly Glenn-Copeland, mais vous ne pourrez pas l’oublier après avoir écouté sa musique. Une œuvre patiente qui tient en quatre albums et aura mis beaucoup de temps avant de rencontrer un nouveau public, « Ever New » toujours neuf, donc.

La re-découverte ou plutôt découverte de Beverly Glenn-Copeland se fait par la grâce des synthétiseurs et d’un Atari premier modèle qu’il utilise pour son album « Keyboard Fantaisies » paru en 1986. Trente ans après sa sortie (2016), un collectionneur et revendeur japonais tombe amoureux de la K7, cherche à joindre l’auteur pour lui demander s’il reste d’autres exemplaires du disque, qui se revendent comme des petits pain, le plus recherché se vendra à 2 500 dollars.

Le disque a été mis au pinacle par des musiciens influents comme Caribou, Courtney Barnett ou Devendra Banhart, fans présents lors d’un concert à guichet fermé au MoMa PS1 à New York en décembre 2019.

Il était nécessaire de rééditer l’œuvre Beverly Glenn-Copeland.

Mais surtout pour des raisons musicales : en plus d’être une personne charmante, qui à 76 ans vit heureux avec sa femme au Canada, Beverly Glenn-Copeland a accompli un voyage musical exceptionnel qui va du gospel aux percussions les plus primales, convoquant aussi bien ses racines autochtones (une aïeule « Native ») afro-américaines que sa formation classique et son goût pour les lieder romantiques. 

Je vous fait écouter le morceau « La Vita » un titre impossible à dater au fur et mesure de l’écoute : on dirait d’abord du trip-hop, puis s’ajoute une voix d’opéra,  on croit à un montage, et puis une autre voix arrive, marquée par les années et qui nous parle de sa mère, et d’un conseil précieux qu’elle lui a laissé. Elle dit la même chose que la voix d’opéra en italien : que la vie est belle (parfois) qu’il faut en profiter. 

"Transmissions : The Music of Beverly Glenn-Copeland" - Label : Transgressive

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