Ce n’est pas seulement le royaume de la Reine des Neiges (Arendelle) mais aussi le nom d'un musicien DJ et vous savez quoi ? Arandel, c'est paraît-il aussi l'hirondelle en patois de Haute-Savoie.

 Arandel avec un album jaune et bleu : "In Bach"
Arandel avec un album jaune et bleu : "In Bach" © Julien Mignot

Réinterpréter Bach, le citer, le transcrire, l’arranger, l’orchestrer, on le fait beaucoup depuis sa mort (en 1750) jusqu’à aujourd’hui, et cela s’est surtout accéléré depuis la fin du XIXème siècle : avec Mendelssohn, Liszt, et puis au delà du répertoire dit classique vous vous souvenez aussi peut-être de Play Bach, l’interprétation jazz de Jacques Loussier qui faisait swinger le cantor de Leipzig, en 1959.

Mais la première rencontre majeure entre Bach, l’électricité et notre technique moderne elle a eu lieu en 1968 avec Walter Carlos, qui avec « Switched on Bach » jouait à la note près les partitions de Bach mais avec des synthétiseurs (Moog). Walter Carlos qui trois ans plus tard va composer et arranger de façon révolutionnaire la musique du film de Kubrick « Orange Mécanique » et qui par ailleurs deviendra Wendy Carlos, histoire de transformation et d’évolution encore. 

Ici la lecture d’Arandel est éminemment admirative, aventurière et ce goût de l’expérimentation ne contredit pas l’érudition. Il a visiblement bien écouté tout ce qui a déjà été fait et évidemment l’orgue est présent même si c’est une illusion.

L’instrument, c’est essentiel chez Bach, très impliqué dans la lutherie,  et dans ce projet "InBach" 

A l’origine le Musée de la Musique, celui de Philharmonie de Paris, voulait mettre en valeur ses collections de documents, d’image et surtout ses instruments extraordinaires, bien conservés mais rarement utilisés ou joués ; il y a eu quelques performances, un « Marathon Bach » et puis arrive Arandel. 

Lui, depuis ses débuts dans la musique électronique a recours aussi bien à la technologie contemporaine qu’à de véritables instruments acoustiques (des cordes, cuivres, des voix, des ambiances), une volonté selon lui de se rapprocher de l'humain, de sonorités organiques, alors là c'est parfait puisque c'est un grand maître des orgues Jean Sébastien Bach qui sert de point de central.

L’album a été enregistré essentiellement des instruments rares de la collection du Musée de la Philharmonie : un fac-similé d’un clavecin de Goujon à deux claviers, Cristal Baschet,  un ondioline. Mais ce sont surtout les voix qu’on entend : celle d’Areski dans un très beau texte sur les mains ou encore Barbara Carlotti.

Il y a beaucoup de respect et beaucoup de liberté dans ces lectures de Bach, c’est à la fois grave et plein de joie.

Le but et la fin de toute musique ne devraient être que la gloire de Dieu et le rafraîchissement de l'âme »

Va pour le rafraîchissement ! 

Arandel - « InBach » (InFiné)  

Il y aura des concerts : 

Le 5 mars 2020, Festival La Route du Rock, Conservatoire de Rennes - avec quatuor à cordes 

Le 21 mars 2020, Festival Nouvelle(s) Scènes, à Niort 

Le 10 juillet 2020 aux Nuits de Fourvière à Lyon

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