Le groupe Dam existe depuis déjà 20 ans. Né en 1999, entre les deux soulèvements qui ont surgi dans la région en 1987 et en 2000, il est reconnu comme étant le tout premier groupe hip-hop palestinien de l’histoire.

Le rap palestinien engagé de Dam. Tamer Nafar, Maysa Daw et Suhell Nafar en Cisjordanie, le 6 avril 2019.
Le rap palestinien engagé de Dam. Tamer Nafar, Maysa Daw et Suhell Nafar en Cisjordanie, le 6 avril 2019. © Getty / David Corio/Redferns

Mahmoud Jréré, les deux frères Tamer et Suhell Nafar, ainsi que la chanteuse du groupe Maysa Daw se sont rencontrés dans les rues de Lyd, une ville mixte judéo-palestinienne proche de Tel Aviv, où le groupe est toujours installé. 

Leur nom Dam possède plusieurs significations : éternité en arabe, sang en hébreu et c’est également un acronyme pour Da Arabian MC’s en anglais. 

Lors d’une interview dans une émission américaine, Tamer Nafar déclarait que leur nom suggère sang éternel « comme si on restait ici pour toujours » précisait-il, en évoquant une situation politique de résilience et de survie. 

Mais qu’on ne se méprenne pas, la vigueur de leur message milite avant tout pour la paix. 

La musique de Dam fusionne les influences venues de l’est et de l’ouest et combine les rythmes de percussions arabes, les mélodies du Moyen-Orient avec le hip-hop urbain, portées par un mélange subtil d’instruments traditionnels et de sons modernes que sont les synthétiseurs et les guitares électriques. 

La popularité du groupe s’est étendue jusqu’en Europe où il a signé avec deux labels britanniques. On a également sollicité ses membres pour participer à un certain nombre de films. La cinéaste américaine Jackie Reem Salloum leur a même consacré un documentaire en 2008, « Slingshot hip-hop »qui raconte leur histoire et leur évolution. 

Plus récemment, le film « Jonction 48 », co-écrit par Tamer Nafar et le réalisateur israélien Udi Aloni, a remporté un grand nombre de prix internationaux, tandis que l’autre musicien masculin de Dam, Mahmoud Jréré, a sorti son premier album solo en anglais et a organisé la toute première expo de la musique palestinienne en Angleterre, la PMX (la Palestine Expo Music). 

Ces aventures solo ne les ont pas séparés, bien au contraire, ils se sont retrouvés cette année pour enregistrer un nouvel album, « Ben Haana Wa Maana » (“Entre ceci et cela, on est perdus”)

La chanteuse et rappeuse du groupe, Maysa Daw, a été distinguée par le magazine Vogue qui, l’année dernière, l’a classée parmi « les cinq étoiles arabes éclairant le monde ». Elle est une militante féminine qui ne craint pas de bousculer les codes de ses origines. Pour preuve, les chansons du nouvel album du groupe Dam abordent, entre autres sujets, les droits des LGBT et des femmes, et l’union des minorités ethniques. 

Dam : album « Ben Haana Wa Maana » paru le 7 juin (Cooking Vinyl). 

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