"Bleue", le nouvel album de Keren Ann sortira le 15 mars prochain. Un album intimiste, poignant, qui va puiser dans les fonds marins et aquatiques des méandres de l’amour.

Keren Ann, productrice, compositrice, parolière, guitariste et chanteuse
Keren Ann, productrice, compositrice, parolière, guitariste et chanteuse © Bouchra Jarrar

Pour parler d’amour, de la perte, du questionnement lié au sentiment amoureux, Keren Ann a donc choisi l’élément liquide...
L’eau, celle de la mer et de ses ressacs puissants, de ses bouillons parfois meurtriers aussi.
L’eau, c’est aussi celle des larmes de peines ou d’émotions qui parfois lavent de toutes les mélancolies.
L’eau, c’est bien sûr celle de la pluie, amie des jours chagrins, et manteau des jours de nuit.
L’eau de la source enfin, qui évoque ici l’énergie des jours heureux, titre de la chanson d’ouverture de ce disque plein et matriciel. 

Matriciel car, dès la première écoute on sent confusément que Keren Ann fait parler à la fois le cœur de son ventre, et l’instinct d’une femme en prière pour rester debout, même lorsque l’amour la tue comme un poison lent. 

Elle en fait une chanson en forme de mantra, sublime et déchirant,  comme pour exorciser une peine. 

« Sous l’eau », Keren Ann se soigne. Cette chanson est un premier indice sur la couleur de ce nouveau disque. Ce titre est disponible dès aujourd’hui, tout comme ce deuxième extrait de l’album qui entre dans la Play-List de France Inter : « Bleu » (sans e cette fois...) 

Le bleu de l’eau évidemment, mais aussi le bleu de la note bleue, donc relié au blues. Et pas si loin du jazz non plus, pour cet album qui balance entre l’âme floue de Carole King et le spleen à distance de Françoise Hardy dans l’album « La question »

La grande nouveauté de cet album c’est que Keren Ann l’a écrit en français, ce qu’elle n’avait pas fait depuis 2004, depuis l’album « Nolita ». Et la langue de chez nous produit ici un effet miraculeux. Elle réincarne littéralement Keren Ann, et mène la chanteuse vers une vibration céleste. 

La voix qu’elle assouplit et muscle, devient une arme blanche de séduction massive. Cette voix, sa voix, chante, guérit et transcende sur le chemin qui semble être celui d’une forme de résilience. Ce n’est pas pour rien que Keren Ann a choisi l’eau comme élément structurant d’inspiration pour ce disque. Puisque rien n'est comparable à l'eau, sinon la spiritualité elle-même. 

Nous voilà donc dans les gènes de ce disque presque taoïste :

La vie est de l'eau dansant sur la mélodie des solides

A l’écoute de cet album, on est renvoyé à l’idée d’une certaine perfection. Celle qui conduit à exprimer l’essentiel sans s’alourdir de l’anecdotique parfois paradoxalement si lourd.

La Perfection est comme l’eau
Qui, bonne à tous, ne s’oppose à rien,
Réside dans les lieux délaissés par les hommes,
Et, ainsi, est proche du Tao. 

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