Jain fait partie de cette nouvelle génération féminine qui a porté hors de France le nouveau son de la french-touch pop, avec cette singularité d’exporter une nouvelle lecture de la sono mondiale, qui est une idée française née à la lisière des années 80, quand Paris fut décrétée capitale de l’Afrique.

Jain en 2015
Jain en 2015 © Maxppp / Frédéric Dugit

Le premier album de Jain est sorti en novembre 2015. Et après un premier single plutôt pop, Jain s’est imposée avec son hommage à la chanteuse africaine Myriam Makeba et en donnant au métissage musical une nouvelle énergie : celle des machines, d’une langue universelle où l’anglais et une forme d’espéranto linguistique imaginaire se croisaient de façon subtile. 

La preuve, lorsque Jools Holland, l’entertainer et musicien collaborateur de Bono, Éric Clapton et Sting invite Jain à chanter son tube Makeba dans son émission de la BBC, il dira :  

Non seulement vous transmettez l’héritage d’une femme leader de la lutte pour les droits civiques, Miriam Makeba, avec votre voix extraordinaire, mais nous sommes tous fascinés par les accents insaisissables que l’on entend dans votre anglais, si unique et si charmant.

Mais Jain c’est avant tout la percussion en force motrice, un groove minimaliste mais puissamment placé, et un flow en équilibre stable entre hip hop et chant africain. La fusion fut imparable, doublé d’un message fort. Jain est ainsi devenue un son. Celui de son époque. 

Jain s’est retrouvée avec des chansons devenue aussi la bande son privilégiée de plusieurs publicités et, là encore, Jain a réussi ce petit miracle de ne pas démonétiser totalement son répertoire en l’accolant à des marques. Périlleuse entreprise qu’elle a mené en imposant à chaque fois un message visuel au moins synchrone avec sa démarche esthétique et poétique. 

Le monde de Jain c’est de toucher une forme d’universalité heureuse. D’être bien « Alright » comme l’exprime son nouveau titre chaloupé, sous influence reggae bionique. Jain, comme sur son premier album, a choisi d’enregistrer en tandem avec son complice Yodelice dans le Spookland, ce studio du 11ème arrondissement où l’ambiance « United Colors of Jain » fait des merveilles... 

Fidélité et enracinement pour ne pas céder aux mirages de sa nouvelle notoriété qui aurait pu la conduire à être produite par les plus grands qui l’ont adoubée. Jain chante que sa voix l’amènera toujours plus haut, d’une diction de diva africaine défiant un anglais de brousse, elle poursuit son pèlerinage enrichissant, celui d’une musique ouverte comme le dit Christiane Taubira :

aussi loin et différent que soit l’autre, l’autre est un autre moi-même… 

Jain a démarré une mini-tournée, de chauffe comme on dit, histoire de mettre son nouveau groove en jambe. L’album sortira à la fin de l’été, après une première tournée qui la mènera en France sur les grands festivals, mais aussi en Allemagne, Espagne, Portugal avant de retrouver les États Unis en fin d’année.

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