Il porte un nom à jouer du Oud, Hanni El Khatib, mais son Oud à lui, a le son d'une guitare Gibson Gold Top 57. 57 comme une des années de l'âge d'or de la musique pour ce californien. Palestinien par son père, philippin par sa mère, il est tatoué, gominé et adore les chemises hawaïennes !

Le musicien, chanteur-compositeur-interprète, Hanni El Khatib au We Love Green Festival le 30 mai 2015 à Paris.
Le musicien, chanteur-compositeur-interprète, Hanni El Khatib au We Love Green Festival le 30 mai 2015 à Paris. © Getty / David Wolff - Patrick / Redferns

Dead Wrong avec Hanni El Khatib qui semble être tombé dans une faille spatio temporelle !!

Il a pourtant fait ses débuts dans les années 90 en tant que DA d'une marque de vêtements pour skateurs, HUF.

Mais ce qui le titille depuis son adolescence, c'est la musique, le rap des rues de L.A. bien sûr, mais surtout les guitares qui saturent, les chanteurs sauvages, les blousons noirs, les années 50, le rock & roll quoi !

Et ce côté brut, mal coiffé malgré la gomina, c'est ce qui transpire de son premier album Will The Guns Come Out (quand les flingues seront de sortie) : tout un programme !

Signé sur un label indépendant, Hanni El Khatib adopte le mode "do it yourself" et balance une claque de son à la fois pur et crade, des chansons noires mais scintillantes !

Alors, quand Hanni El Khatib arrive en 2010 sur le marché du garage rock, il y a déjà du monde sur le coup : les White Stripes, les Kills, les Black Keys  mais grâce à ses chansons qui tiennent debout, à son énergie punk et à sa sincérité, il arrive à percer ce mur du son et à attirer l'attention de Dan Auerbach, chanteur, leader, des Black Keys et producteur de tout ce qui a du talent dans le Mississipi et au-delà !

Ensemble, ils enregistreront son deuxième album Head In The Dirt, dans un studio de Nashville, on sent que ces deux-là se sont trouvés plus d'un point d'accroche, la musique, le blues, les guitares d'avant 1965, les voitures Rambler Vs Camino, la IPA (India Pale Ale) sifflée sous la véranda.

La musique d' Hanni El Khatib gagne quelques muscles soniques, elle se retrouve dans les pubs branchées, les BO des séries HBO et chez nous, il est même invité aux 70 ans de Johnny Hallyday à assurer sa première partie à Bercy ! Suivront deux autres disques qui marquent un peu le pas, moins traversés par l'esprit "crossroads".

Et comme dans tout bon roman noir américain, il y a une crise existentielle, une dépression, des excès, des erreurs d'aiguillage.

Jusqu'à la sortie de route littérale, un accident de voiture il y a un an, d'où notre beau gosse californien ressort vivant mais de justesse !

Leader, le nouveau son d' Hanni El Khatib. Une sortie de route qui le conduit à reprendre celle de la musique. Mais en s'éloignant un peu de la ligne du parti, moins de garage rock, plus de hip hop (ses premières amours), plus de funk, plus de vie.

Cervicales et oreilles remises à neuf ou presque, Hanni El Khatib s'est entouré du producteur Leon Michels, connu pour son travail avec Travis Scott, Lana Del Rey et A$AP Rocky. 

Et il a accouché d'un disque cathartique qui sonne comme la play list de tout ce qu'il aime : des accords furieux, des tourneries sexy, des breaks cabossés et des samples perchés. 

Alors, oui Flight part un peu dans tous les sens, il faut plusieurs écoutes pour le saisir mais c'est l'album d'un homme vivant, d'un musicien qui a de nouveau envie. 

Hanni El Khatib:  "Flight" / Innovative Leisure / Because Music

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