Otzeki, alias Mike Sharp (au chant et aux textes) et Joel Roberts (aux claviers et aux arrangements) est un duo de musiciens électroniques (cousins dans la vie) basé à Londres dont on n’a pas fini de parler de ce côté-ci de la Manche.

Capture écran du clip Sun is rising d'Otzeki
Capture écran du clip Sun is rising d'Otzeki © Otzeki

A peine ces deux-là avaient-ils sorti un mini-CD le 1er avril 2016 qu’ils enflammaient déjà la toile….

Le groove envoûtant et délicatement aérien de leurs premières chansons nous faisait penser à un mix entre Glass Animals et XX, deux autres formations britanniques que nous affectionnons. 

Des textes au service de la génération du Brexit

Si la musique d’Otzeki a tout d’une bande-son pour pistes de danse où se mêlent l’Indie-pop, l’électro ambient et la dream-pop, et où les paroles sont souvent superflues, les textes du duo n’en sont pas moins lourds de sens. Mike et Joel font partie de cette jeunesse qui a subi le Brexit de plein fouet et ils entendent bien exprimer leur malaise face à une situation qui leur engage à chanter un certain ressentiment face au rejet de l’étranger, au désenchantement, voire à la solitude, à l’image du titre extrait de leur premier mini-CD, « Falling out »

Le clip de la chanson ouvre sur cette phrase : « Merci Ziggypour nous avoir apporté la liberté et le bonheur dans les rues de New Cross… ». New Cross, qui est le quartier du Sud-Est de Londres où Joel, plus jeune, se rendait à des fêtes pour y écouter des DJs jusqu’au petit matin, a été une source d’inspiration pour la musique qui deviendra plus tard celle d’Otzeki. Quant à la référence à Ziggy, il s’agit bien sûr de Ziggy Stardust, personnage fictif conçu par David Bowie et l’idole du duo. 

Le 13 avril prochain, paraîtra le premier album d’Otzeki, « Binary childhood », un disque basé sur le rythme, mêlant les boucles électroniques aux sons plus organiques et des percussions agrémentées de sonorités rock, le tout doté de la voix puissante de Mike Sharp. Il a été écrit pour partie en studio de répétition et pour l’autre, en studio d’enregistrement avec l’aide du producteur avant-gardiste Adhelm. 

Le titre de l’album « Binary childhood » (L’enfance binaire) fait allusion à Internet, à l’introversion et à la lutte entre le personnage privé et le personnage public qui coexiste en nous. Les deux cousins précisent à ce propos qu’ils font partie d’une génération qui a été élevée comme des enfants binaires, programmés par une série de hauts et de bas. 

« Already dead », révélé il y a quelques jours, fait partie des deux titres qu’Otzeki a ajoutés au dernier moment sur cet album conçu au départ comme un concept-album. La chanson est un commentaire sur la torpeur des temps modernes mais également une ode aux héros littéraires morts depuis longtemps. 

Otzeki sera en concert au Badaboum à Paris le 19 avril et aux ‘Nuits Sonores’ à Lyon, le 10 mai. 

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