Avec la voix d'un crooner, c'est celle de Matthew Stephen Ward, alias M. Ward, chanteur et musicien américain, une voix qui nous rappelle qu'il faut toujours garder un crooner à portée d'oreille.

Le musicien et compositeur M. Ward en concert pendant "Global Citizen Live!" au NYU Skirball Center le 18 septembre 2017 à New York.
Le musicien et compositeur M. Ward en concert pendant "Global Citizen Live!" au NYU Skirball Center le 18 septembre 2017 à New York. © Getty / Taylor Hill / WireImage

La voix langoureuse de M. Ward, une voix qui nous fait frissonner depuis une vingtaine d'années. C'est début 2000 que ce représentant de l'americana, ce terme générique qui rassemble les musiques populaires américaines comme le folk, le blues, la country et le rock, débarque sur la scène musicale alternative.

Des premières chansons naissent guitare/ voix avant que notre ami ne s'accompagne de musiciens comme Howe Gelb ou Neko Case. 

Des musiciens, issus eux aussi du milieu indépendant et nourris aux mêmes références que lui, en gros les Beatles et le Elvis des débuts, voire tout ce qui jouait de la guitare avec ses tripes depuis 1930.

En 2006, paraît Post War, c'est l'album qui le révèle au grand public, un recueil de chansons qui sentent bon le sepia, la réverb et qui questionne les séquelles de la guerre en Irak. 

Chinese Translation extrait de Post War avec ce petit côté Johnny Cash ! 

M. Ward est alors lancé, reconnu par ses pairs qui le sollicitent comme Cat Power, Norah Jones, son côté beau brun ténébreux lui assure une jolie côte auprès des femmes, il multiplie les projets parallèles comme le duo She & Him avec la comédienne et chanteuse Zooey Deschannel et peaufine son style de lonesome cowboy de la pop.

Sur son 10ème album solo Migration Stories, on retrouve tout ce qu'on aime chez lui. Toujours cette voix veloutée, ce chant chuchoté à notre oreille et ces guitares qui sonnent comme si elles avaient été enregistrées dans des cavernes.

Comme dans ses disques précédents, M. Ward se partage entre l'intime et le collectif : il est question, là, de ces âmes en transition entre deux mondes, des raisons qui poussent certaines personnes à quitter leur pays. 

Sujet brûlant dans une Amérique sous administration Trump qui croise son histoire personnelle car le grand-père de M. Ward avait dû émigrer du Mexique pour le Texas en 1911.

Independant Man, un titre qui va très bien à M. Ward ! Indépendant face aux modes, aux sons qui se digitalisent, et même si Migration Stories a été enregistré à Montréal, et pour la première fois, avec un coproducteur, ça ne change pas fondamentalement sa musique, ça lui donne juste peut-être un peu plus d'espace.

Ainsi, son fameux Finger picking à la guitare partage ici la vedette avec quelques synthés et saxophones à la limite de l'ambiant, juste ce qu'il faut  pour venir titiller son folk spatial. 

Sa voix reste la même, crooner un jour, crooner toujours, à l'aise dans les brouillards du matin comme dans la brume du soir, M. Ward continue de rêver éveillé et nous avec.  

M. Ward - "Migration Stories" paru sur le label Anti

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