Didier Varrod. revient sur un album qui, ces derniers mois, a compté et qu’il a envie de vous faire partager en cette période si particulière. Ce matin il nous parle de l’album d’Izïa, opus qu’elle a intitulé "Citadelle".

Izïa, auteure-compositrice-interprète, musicienne et actrice  au Palais des Festivals le 24 mai 2017.
Izïa, auteure-compositrice-interprète, musicienne et actrice au Palais des Festivals le 24 mai 2017. © Getty / Pascal Le Segretain / WireImage

Un album intitulé "Citadelle" en hommage à la ville de Calvi dont son père Jacques Higelin est citoyen d’honneur.

C’est sur son compte Instagram qu’Izïa nous informait il y a une semaine du non report de son Olympia nous donnant désormais rendez-vous le 25 novembre prochain au Zénith de Paris pour l’applaudir. 

Avec tout de même pour moi ce souvenir encore vivace d’une Izïa incandescente à la Cigale en décembre dernier, la voix brûlée par la fatigue, donnant tout d’elle-même, dans un spectacle où elle nous démontrait qu’être artiste c’est payer comptant le prix de la sueur.

Dans cette période d’esseulé-es, de repli contraint, et de moults questionnements, il y a des albums, comme celui d’Izïa, qui peut-être plus que les autres font sens, sans être reliés directement à ce que nous vivons aujourd’hui. 

C’est là, en somme, la vertu des grands disques, effet miroir, parce qu’ils nous parlent de nous, de ce nous ressentons au quotidien, de ce que nous étions hier encore, de ce que nous voudrions pour demain dans ce que l’on appellera désormais le monde d’avant. 

Ce monde où Izïa, par exemple assommée par la dictature de la vitesse, regrettait d’être contrainte de voir, regarder et comprendre le monde en trois petites minutes, sous- titrées pour les réseaux sociaux

Ce trop-plein de "trop vite", produit alors chez Izïa une mise en abîme bouleversante de ce qu’elle-même est en train de vivre. 

Izïa, face à la vie, dans sa dimension la plus intime, enceinte pendant la gestation de son disque. 

Izïa face à la mort dans ce qu’elle a de plus cruelle affrontant la disparition de son père. 

Izïa, enfin et surtout, face à la devise citoyenne et libertaire édictée par Higelin père : "la vie, l’amour, la mort". Créant parfois un relief mystique à son disque. 

Ce cosmos qui nous rassemble, on le retrouvera aussi avec Izïa, qui annonce également sur Instagram, être cette année, la présidente du jury du grand prix de la poésie de la RATP. 

Vous savez, ces jolis mots reproduits dans les rames du métro, que l’on capte en levant la tête, et qui parfois nous sauvent de l’insupportable promiscuité que l’on vient bizarrement aujourd’hui à regretter, et qui nous ouvrent l’imaginaire dans le confinement du métro pour embrasser le monde. 

L’album d’Izïa lui aussi embrasse le monde, en tissant des liens insoupçonnés.  Avec notamment la rage d’un Balavoine dont elle reprend "Vivre ou survivre sur scène". Lui qui écrivait aussi : 

"Contre le passé/ y a rien à faire /Il faudrait changer les héros /Dans un monde où le plus beau /Reste à faire. 

Étrange écho avec l’un des derniers titres d’Izïa.

En attendant de revoir la mer, il y a donc ces douze chansons d' Izïa qu’il faut écouter, réécouter. A commencer par la sublime chanson "Dragon de métal", en play-list sur France Inter métaphore poétique du père. 

Ce père dont elle nous dit qu’il veille sur nous. Comme ses mots, ai-je envie de rajouter, qui nous permettent toujours de flâner dans les intervalles :

Si tu dois vivre parmi le tumulte ne lui livre jamais que ton corps. Garde ton âme au calme et retirée. C'est un sanctuaire où tu trouveras, quand tu le voudras, le bonheur… »

Izïa - "Citadelle" - (label : Universal Music Division Barclay)

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