Étienne Daho ressort ces jours-ci son album "Éden", qu’il va aussi rejouer sur scène. Longtemps mal-aimé, ce disque est pourtant devenu l’un des plus importants de la carrière du chanteur.

Portrait de l'auteur-compositeur-interprète, Étienne Daho à Paris lel 25 janvier 2018 .
Portrait de l'auteur-compositeur-interprète, Étienne Daho à Paris lel 25 janvier 2018 . © Maxppp / PHOTOPQR/OUEST FRANCE/Frédéric Dugit

Le 19 novembre 1996, paraissait "Éden", le septième album dans la discographie d’Étienne Daho. Il faisait suite à l’énorme succès de « Paris ailleurs » (qui contenait notamment « Des attractions désastres », « Saudade », « Comme un igloo »). Cet album certifié double platine assorti d’une grande tournée internationale dans 14 pays, avait épuisé Daho qui décide à ce moment-là de retrouver non seulement un peu de repos mais aussi de l’anonymat, en s’installant à Londres. 

Les années 90 sont des années très riches en matière de musique dans la perfide Albion qui fourmillait de sons nouveaux. Ce sont les années trip-hop avec des groupes comme Massive Attack, Portishead ; l’émergence du son Madchester (Stones Roses, Happy Mondays, Charlatans…). 

De plus, Étienne Daho connaissait là-bas, au même moment, un certain succès avec le mini-album « Reserection » enregistré avec le groupe Saint-Étienne. 

Toutes les conditions sont donc réunies pour envisager l’écriture et l’enregistrement d’un nouvel album. La première chanson pour « Eden » - écrite le jour des 40 ans de Daho - qui a inspiré le titre et la thématique du disque, s’appelle « Quand tu m’appelles Eden »… 

Pour l’enregistrement de l’album "Éden", Étienne Daho s’entoure d’invités prestigieux … Il fait d’abord appel à son complice Arnold Turboust, avec qui il avait réalisé dix ans auparavant « Pop Satori », l’album de « Tomber pour la France » et « Épaule tatoo »

De même, il s’adjoint les services de tout ce que la Grande-Bretagne compte de talents incontournables à cette époque, en matière de son et de composition, à commencer par David Whitaker, un des plus géniaux ingénieurs du son (Marianne Faithfull, Serge Gainsbourg, France Gall, Johnny Hallyday, The Rolling Stones, Jimmy Page…) qui a arrangé tous les titres et dirigé l’orchestre. 

Parmi les autres collaborations de cet opus, on peut noter la présence du groupe britannique Saint Étienne ; d’Elli Medeiros, l’amie de longue date qui était déjà aux côtés de Daho à ses tout débuts rennais ; du groupe vocal The Swingle Singers qui assure les chœurs sur plusieurs titres et en particulier sur « Timide intimité »

Enfin, invitée également sur « Eden », la star brésilienne Astrud Gilberto (souvenez-vous « The girl from Ipanema » !) qui chante la partie portugaise sur le titre « Les bords de Seine »… 

L’album "Éden" a été entièrement retravaillé à partir des bandes magnétiques d’origine. Ce qui ne fut pas une sinécure puisque, si elles étaient bien conservées dans un bunker, elles n’en ont pas moins été endommagées par un champignon destructeur. Il aura fallu tout le savoir-faire d’un spécialiste, Gildas Lointier, pour les réparer, les traiter, les soigner et enfin les numériser pour assurer leur ressortie dans une parfaite qualité. 

Cette réédition qui se présente sous la forme d’un coffret contenant 3 CD est enrichie de plusieurs bonus, avec des maquettes de travail, des versions rares, des inédits qui n’ont pas été retenus sur l’album définitif, ainsi qu’un florilège de versions publiques (inédites aussi) enregistrées à Rennes, à Londres, à Paris… 

Étienne Daho sera en concert à partir du 30 octobre dans toute la France. Il rejouera l’intégralité de "Éden", dans l’ordre chronologique de l’album, comme il l’avait fait en 2006 avec « Pop satori »

Il se produira notamment à la Philharmonie de Paris, le lundi 11 novembre. 

Étienne Daho : album « Eden » (Warner)

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