"Immortels" est un inédit d’Alain Bashung qui figurera sur un album intitulé "En Amont" dont la sortie est prévue le 23 novembre.

Alain Bashung, en mars 1990
Alain Bashung, en mars 1990 © Getty / Frederic SOULOY

À quelques mois du dixième anniversaire de la mort d'Alain Bashung, nous aurons le plaisir d’écouter 11 titres inédits, laissés en chantier lors de l’enregistrement de son dernier album Bleu Pétrole. Et le premier titre que nous allons découvrir, est un titre écrit et composé par Dominique A, qui semblait être taillé à la mesure de l’aura magnétique de Bashung. 

Nous sommes en 2008 et pour des raisons peut être presque médiumniques, Bashung refuse au dernier moment d’intégrer ce titre, qui pouvait alors susciter de son vivant bien des interprétations...

Et toi qui n'es plus là /c'est comme si tu étais/plus immortel que moi /mais je te suis de près 

Dominique A intégrera finalement la chanson dans son propre album La Musique qui sortira en 2009, un mois tout juste après la disparition de Bashung.

Immortels ressort donc 10 ans plus tard avec la voix de Bashung, voix à qui elle était spécialement destinée. Dominique A avait d’ailleurs transgressé l’appel qui avait été lancé par Bashung lui-même pour l’enregistrement de Bleu Pétrole. Celui-ci demandait des textes sur des musiques déjà composées. Dominique A avait fait savoir qu’il ne savait pas faire, lui envoyant alors cette chanson avec paroles et musique. Dans les Inrockuptibles en 2009, Dominique A déclarait : 

La chanson lui a plu, il l’a enregistrée, mais finalement ne l’a pas retenue sur Bleu Pétrole. Il l’a travaillée longtemps. Pour moi, c’était la chanson de Bashung. Je l’ai reprise à mon compte pour lui donner quand même une existence mais ça n’a pas été simple. J’évite de penser à lui quand je la chante...

Ce qui est proprement magnifique dans cette histoire, c’est que c’est devenu au fil du temps l’une des chansons les plus importantes dans le répertoire de Dominique A. Clin d’œil de l’histoire : c’est un peu comme si, de son au-delà majestueux, Alain Bashung nous envoyait des nouvelles à travers une reprise d’une chanson de Dominique A. Ce transfert d’origine ou de paternité a quelque chose de profondément bouleversant. On peut tant dire de soi avec une reprise. Bashung dira un jour : 

Il faut prolonger les belles chansons. C'est un petit signe d'éternité 

Mécanique des fluides spirituelle, la chanson de Dominique A écrit aujourd’hui sa propre histoire à travers deux voix, deux époques, deux styles, qui parfois s’imbriquent sans jamais se confondrent. Nul ne peut ignorer en effet, qu’il y a quelque chose de singulièrement commun entre Bashung et Dominique A : une façon commune de gérer leur intégrité artistique, sans pour autant ignorer le plaisir d’être aimé et compris par le plus grand nombre. 

Un goût inné pour la reconstruction permanente, une place et un statut qui se définissent d’abord par eux-même plutôt que par un genre musical. Ni rock, ni chanson française, ni pop, ni électro. Tout simplement Dominique A et Alain Bashung, deux entités qui effacent toutes les étiquettes de saison. Au-delà parfois de la difficile épreuve de l’exercice posthume, découvrir cette version inédite d’Alain Bashung c’est finalement croire comme Pythagore que :

L'homme est mortel par ses craintes, immortel par ses désirs

« Immortels » titre inédit d’Alain Bashung figurera sur l'album  « En Amont » dont la sortie est prévue le 23 novembre (Barclay). Cet album est réalisé par Edith Fambuena complice et amie de Bashung, qui fut à la manœuvre de l’extraordinaire album « Fantaisie Militaire » qui fêtera ses 20 ans en 2019.

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