C’est dans le petit village du désert, Niafunké, sur les bords du Niger au nord du Mali, qu’Ali Farka Touré, le maître absolu de la scène blues décide, dans les années 60, de prendre sous son aile son jeune neveu, Afel Bocoum, âgé de seulement 13 ans.

Le  musicien, guitariste et chanteur Afel Bocoum au BB King Blues Club à Times Square, New York.
Le musicien, guitariste et chanteur Afel Bocoum au BB King Blues Club à Times Square, New York. © Getty / Jack Vartoogian

Ce dernier suivra et accompagnera son aîné, d’abord comme chanteur solo puis à la guitare avant de devenir un membre régulier du groupe de Farka Touré durant une trentaine d’années. En marge de la musique, Afel Bocoum exerce un métier, en qualité d’animateur culturel au service du ministère de la jeunesse pour lequel il organise des concerts, des compétitions et des fêtes de quartier. 

Au bout de quelques années, il se dit 

Tout le monde semble sortir des disques autour de moi, alors… pourquoi pas moi ? »

C’est alors qu’il fait la rencontre providentielle du directeur artistique du label anglais World Circuit qui lui donne enfin l’occasion de sortir son premier album en 1999, « Alkibar »

Un disque qui lui apportera une consécration internationale. 

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« Jaman bisa » (« Seigneur, nous te sommes reconnaissants car aujourd’hui nous avons retrouvé la paix ») est un des onze titres qui se trouvent sur le dernier album du chanteur malien, « Lindé », sorti début septembre. De véritables suppliques qui font appel à l’espoir et à l’unité, dans une région qui est ravagée par la famine, les rébellions contre le gouvernement central, le djihad, la pauvreté et les guerres tribales qui ont peu à peu mis son pays à genoux.  

À travers sa musique, Afel Bocoum tente de transcender tous ces conflits en plaçant la question de la diversité au centre de son travail : il chante dans un mélange de langages ethniques, de rythmes et de mélodies de la région. Cela lui est d’autant plus facile que lui-même, issu d’un métissage ethnique, est né d’une mère peule et d’un père sonrhaï. 

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« Sambu kampa » (« Si vous vous cachez dans des trous, mes frères, sortez pour que nous puissions parler »), une chanson dans laquelle Afel Bocoum tend la main aux rebelles et aux djihadistes, en les pressant de négocier... L’amour d’Afel Bocoum pour son pays demeure constant et fervent. 

Comme il le souligne aussi souvent dans les interviews, 

dans la campagne malienne, on ne va pas au cinéma et on ne lit pas les journaux, mais nous écoutons tous la musique. Elle est le meilleur moyen de faire passer l’information. Donc, ajoute-t-il, je ressens un très fort besoin de dire la vérité quand je chante car je sais que les gens vont en tenir compte »

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Sur le titre reggae « Bombolo liilo », Afel Bocoum est accompagné par des musiciens prestigieux, à commencer par Vin Gordon, le tromboniste du groupe jamaïcain légendaire The Skatalites, puis par la kora de Madou Sidiké Diabaté (frère de Toumani Diabaté) et à la guitare par Garba Touré, du groupe Songhoy Blues, le groupe malien bien connu des auditeurs de France inter. 

Sur d’autres titres, on peut entendre les tambours du pionnier de l’afro-beat, le regretté Tony Allen qui nous quittés cette année, et le violon de Joan As Police Woman. 

L’album « Lindé » est co-produit par Damon Albarn, décidément sur tous les fronts en ce moment avec notamment son groupe Gorillaz et son spectacle « Le vol du Boli ». Il déclare à propos du musicien malien : 

Afel est l’un des trésors du Mali et ce disque est un cadeau pour nous tous »

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Afel Bocoum : album « Lindé » (World Circuit) 

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