Heureuse surprise que celle de la rencontre artistique entre Karen O, la chanteuse new-yorkaise survoltée et Danger Mouse, producteur prolifique qui transforme tout ce qu’il touche en or…

Karen O & Danger Mouse  pendant l'émission "The Late Show" avec Stephen Colbert le 18 mars 2019.
Karen O & Danger Mouse pendant l'émission "The Late Show" avec Stephen Colbert le 18 mars 2019. © Getty / Scott Kowalchyk / CBS

Karen O n’est autre que la voix de Yeah Yeah Yeas, un groupe qui sévit depuis une vingtaine d’années et qu’on peut musicalement situer dans une filiation à mi-chemin entre Blondie et Siouxsie & The Banshees. Karen O est devenue une icône grâce à ses tenues excentriques, son comportement exubérant et son chant expressif. 

Quant à celui qui se cache sous le nom de Danger Mouse, il s’agit de Brian Burton, également new-yorkais, qui a débuté comme disc-jockey avant de venir s’installer à Londres où il connaîtra la consécration. 

Danger Mouse s’est surtout fait connaître sur internet grâce à un album pirate qui combinait les chansons du « Black Album » du rappeur Jay-Z avec celles du « White Album » des Beatles qui donneront naturellement le « Grey album ». Ce qui n’était au départ qu’un disque de remixes créé pour ses amis, s’est très vite répandu sur internet où il s’est téléchargé par millions, entraînant quelques démêlés judiciaires avec la maison de disques des Beatles. 

Cette mésaventure lui a toutefois permis de se faire repérer par Damon Albarn qui l’invite à produire l’album « Demon Days » de son groupe Gorillaz

Danger Mouse s’est aussi fait connaître du grand public en s’associant en 2006 avec le chanteur Cee-Lo Green pour l’aventure Gnarls Barkley qui a démarré avec ce tube imparable : « Crazy ».

Danger Mouse est un véritable Midas de la musique, très doué. Que l’on en juge par ses très nombreuses participations aux albums de Martina Topley-Bird, The Roots, Black Keys, Beck, Sparklehorse, Michael Kiwanuka, Norah Jones, U2, Adele, Iggy Pop… Rien que des noms prestigieux qui sont passés dans le studio de Danger Mouse avec des résultats difficilement contestables. 

En 2009, il s’associe au chanteur James Mercer avec qui il produit deux albums sous le nom de Broken Bells. Et enfin, il y a cette alliance que personne n’espérait : celle de Danger Mouse et de la très solaire Karen O pour un album sorti en mars 2019 sous le titre « Lux Prima ». Encore une fois, la magie opère : la « patte » Danger Mouse est toujours de qualité et s’adapte magnifiquement à la voix sensuelle de Karen. 

« Lux Prima » qui les réunit tous les deux est un disque riche et varié, composé à quatre mains, qui démarre sur une longue pièce (qui n’est pas sans rappeler l’univers du groupe Air), évolue ensuite dans des sonorités tantôt minimalistes, tantôt luxuriantes, sur des arrangements très soignés. Par moments, il nous rappelle l’univers Melody Nelson de Gainsbourg, mais aussi Goldfrapp pour les symphonies pop veloutées, que Danger Mouse exécute minutieusement à grands renforts de cuivres et de cordes. 

Danger Mouse & Karen O : album « Lux Prima » (BMG). 

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