Pour Didier Varrod ce premier album de Tim Dup est l’un des grands albums de l’année 2017 parce que : c'est un premier album, et que sans nul doute, il sera l’un des grands albums aussi de 2018, tant cet opus recèle de bijoux qui mériteront notre attention tout au long de l’année qui s’annonce.

Tim Dup aux Francofolies de La Rochelle en 2017
Tim Dup aux Francofolies de La Rochelle en 2017 © AFP / XAVIER LEOTY

"On s’est moqué de moi parce que j’ai surnommé Tim Dup « mon fils ma bataille ». Mon fils c’était pour me moquer de mon entêtement à le défendre à la vie à l’amour… En revanche ma bataille ce n’est pas si faux que ça. Car effectivement il faut encore batailler pour faire écouter la singularité de cet auteur-compositeur-interprète d’une exigence poétique classique, conjuguée à une modernité qui transmute la pop en objet de désir hybride entre rap, story-telling et chanson. La preuve, si vous le voulez bien, en trois exemples. En premier lieu, le récit poétique de l’infra-ordinaire transcendé en petit chef d’œuvre de chanson moderne. Il s’agit d’écouter le quotidien devenu « extra » ordinaire, le cul assis sur une banquette défoncée du TER centre."

La deuxième fondation de l’œuvre créative de Tim Dup, c’est la chanson générationnelle. L’exercice le plus périlleux qui soit puisque par définition la chanson s’étiole en même temps que la génération concernée laisse la place à une autre. Mais là encore, Tim Dup, comme Alain Souchon, Noir Désir, ou le collectif Fauve réussit à partir de l’intime, pour tendre vers l’universel. Le quotidien qu’il décrit devient comme un instantané nécessaire pour comprendre la société d’aujourd’hui. Et la vertu d’une chanson générationnelle réussie, c’est lorsqu’elle parvient plus tard à garder son sens. Et avec Tim Dup on saura comment un jeune garçon de 22 ans regardait le monde en 2017 et l’on comprendra peut être en 2047 quel est notre héritage. Hymne d’une jeunesse en rupture de « désabusion » comme la chantait Nino Ferrer, chanson manifeste d’une jeunesse réaliste qui plie mais ne rompt pas, Tim Dup ponctue son état des lieux par un grand « na na na » qui ressemble à un bras d’honneur joyeux.

Enfin troisième exemple musical par la preuve.  Et là on touche en quelque sorte à un instant d’éternité. Éternité parce que la chanson est tellement belle et si bien construite qu’elle aurait pu être écrite il y 50 ans par Barbara, il y 30 ans par Renaud,  ou il y a 10 ans par Benjamin Biolay. La chanson parfaite, celle que l’on cherche parfois toute sa vie sans jamais la trouver. Tim Dup l’a écrite dès son premier album. C’est la chanson définitive, sorte d’auto portrait d’un jeune homme qui donne à réfléchir sur la puissance de l’intemporalité et la beauté des commencements. Elle a surtout le pouvoir d’imposer le silence sur scène dès qu’il la chante. Ce silence qui fait que chacun de nous, avec son vécu entre en soi, pour connecter avec sa part d’intime...

Regarder Tim Dup : "un peu de mélancolie heureuse " en live dans Quotidien (exclu web)

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