Matthieu Conquet nous parle du retour dans la playlist d’inter des anglais des Sleaford Mods.

Le chanteur Jason Williamson et le musicien Andrew Fearn du groupe Sleaford Mods dans leur clip "Nudge It" - Sleaford Mods Ft. Amy Taylor.
Le chanteur Jason Williamson et le musicien Andrew Fearn du groupe Sleaford Mods dans leur clip "Nudge It" - Sleaford Mods Ft. Amy Taylor. © Capture d’écran/YouTube/Site officiel du groupe Sleaford Mods

Leur nouvel album Spare Ribs vient de sortir. Spare ribs, ça veut dire les travers de porc ou les côtes levées, une façon de dire qu’on est tous interchangeables, qu’on ne peut être sacrifiés, ni des agneaux et encore moins des cochons : les Sleaford Mods.

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Traduction de ce que vous venez d’entendre :

Je voudrais dire au type qui boit près du magasin que ce n'est pas la faute des étrangers ou de ce putain de Covid, mais il s'en fout. »

Si vous ne connaissiez pas encore le duo des Sleaford Mods, bienvenue dans l’art du récit direct de ce duo de Nottingham. Apparus au Royaume-Uni, ces robins des bois punk-rap ont trouvé la formule qui les fera connaître au-delà de leurs frontières en 2014 avec Divide and Exit.  Je vous assure qu’à l’époque n’était pas question de Brexit. 

La formule est simple, et presque toujours la même depuis, sans que le groupe se répète pourtant avec ce sixième album qui vient de sortir. Sleaford Mods concilie les urgences conjuguées du Hip-hop et du punk, celle d’une classe ouvrière souvent oubliée. Ils sont deux, un qui écrit et qui éructe sur scène, Jason Williamson, l’autre, Andrew Fearn qui ne dit jamais rien, et ne fait pas grand chose (en apparence) sinon produire toutes les boucles, les entêtements répétés de leurs morceaux. 

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N'attendez aucun break, ni hymne, ni changement de rythme, ça n'arrivera pas. C’est tout juste si parfois surgit un refrain. Et pourtant ils séduisent au delà des chapelles, d’Iggy pop aux fans de rap ou de techno. Les mots de Jason Williamson, comme déclamés en plein théâtre du Globe, déboulent et giclent comme des postillons sur le visage d’une Angleterre encore trop conservatrice à leurs yeux, la preuve :

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Depuis quand est-ce je ne suis pas tombé si bas à genoux ? » 

Jason Williamson pratique là le tir en chanson ciblée, en jouant sur le nom de Dominic Cummings, ancien conseiller spécial de Boris Johnson et architecte de la campagne du Brexit. Le jeu de mot entre Cummings et shortcomings (les défauts, les défaillances) donne ce petit refrain 

Il a de petites, petites, petites lacunes » 

Si la formule est toujours la même, quoi de neuf dans ce nouvel album des Sleaford Mods ? La précision du constat, d’abord le démontage en règle des "Tories" (les conservateurs, responsables selon eux, d’un Brexit voulu par opportunisme) et puis la nouveauté ici vient des voix des femmes : 

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Vous entendez là, la jeune chanteuse Billy Nomates, qui offre d'après Jason Williamson un des meilleurs morceaux à leur discographie. 

Il y a plusieurs voix invitées dans ce nouvel album des Sleaford Mods, chose rare, eux qui sont peu habitués aux "featuring". On entend dans le morceau Top Room, un court extrait de discours, la voix d'une sociologue, Lisa Louise McKenzie, chercheuse à l'Université de Durham, spécialisé dans la culture ouvrière, c'est aussi une militante anarchiste, originaire de Nottingham, elle aussi.

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Enfin on entend la voix d'une troisième femme, qui vient croiser celle de Jason Williamson : c'est Amyl Taylor, la chanteuse du groupe Australien Amyl and the Sniffers. Un peu de Melbourne et de bile ne sauraient faire de mal. 

Le morceau que l'on va écouter et qui vient d’entrer en playlist sur inter, c’est Nudge It. 

Pour faire simple ici il s’agit plutôt de dénonciation, et dans son propre camp. Jason Williamson accuse (sans les nommer directement) ces groupes de posture, qui selon lui se revendiquent d’origine modeste mais qui s’inventent une cause, et n’ont aucun accent de vérité. Et comme dans l’expression Spare Ribs, la métaphore de la cuisine revient : 

collé à ces clichés parce que tu ne sais rien cuisinier d’autre ». 

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Sleaford Mods, dans la Playlist d’Inter, leur album Spare Ribs est disponible et devrait réveiller à peut près n’importe qui. 

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