Pour les initiés, Halo Maud - à la ville Maud Nadal - avait été repérée aux côté de Moodoïd et de Melody Echo Chamber. Mais aujourd’hui c’est elle qui s’impose avec ce premier opus qu’elle a intitulé « je suis une île ».

Halo Maud
Halo Maud © capture d'écran / YouTube

Une île c’est d’abord un paysage. Pour Halo Maud c’est un paysage sonore, fait de sampling, de jeu avec les textures, de relief dans l’approche du son que l’on tricote et détricote à l’infini. Arrêter le temps et créer des accidents heureux. Exemple. C'est à partir de la mélodie étrange que peut produire un son et de sa voix mixée à l'envers que lui est venu le mot île. Le son ouvre l’imaginaire et précède l’intention qui fait jaillir les mots : 

Je veux bien souffler. Qu’on me dise comment respirer et sur quel pied danser. Je suis une île seule et tranquille. 

Voilà de fait un auto portrait, conçu dans l’étrangeté. Qui explore et expose 

Un disque qui n’est pas conçu exclusivement dans l’exploration sonore. C’est aussi le disque d’une femme qui se confie. Même si on sent vraiment chez Halo Maud le besoin de s’inventer d’abord dans une configuration artistique de sons. De sons au pluriel. Chez elle, la production artistique cherche les effets, le choc thermique que peut produire une voix sur des synthés vintage, la quête d’une hypnose sonore, l’impératif d’un groove organique. Ces parures très modernes et stylées l’aident ensuite effectivement à se raconter. Mais toujours dans un chemin impressionniste comme lorsqu’elle évoque son enfance dans un milieu familial où la musique religieuse était omniprésente. Son père était pasteur. Elle l’accompagnait le dimanche matin à la guitare dans les chants au temple. « Je n'ai pas fait de crise d’ado, mais, en revanche, j'ai connu une crise mystique… » D’où cette réminiscence consciente de son propre baptême par immersion à l’âge de 14 ans. Un rite de passage, qui lui inspire cette chanson qui de fait parle de sa transition de l'enfance à la femme qu’elle est devenue.

Et puis il y a le titre qui ouvre l’album qui fera les beaux jours de la PlayList d’Inter cet été. Un titre qui mixe la langue française avec l’anglais. Et qui permet à la voix de chanter les vertiges de sa propre insularité.  « Je suis une île » parle de solitude et d'isolement, d’attentes et d’espoir, de nostalgie et de souvenirs...  Peu de mots mais une voix qui dit beaucoup de cette mélancolie tenace et joyeuse à la fois. Il y a l’idée du mouvement après le renoncement. Le sentiment de la course qui vous précipite déjà dans le recommencement. Une réflexion aussi impressionniste sur le travail de la mémoire qui met de désordre dans la perception du désir. Dans sa version longue Halo Maud se fait plaisir en étirant le morceau dans une rêverie qui provoque une danse au bord des larmes

“A mesure que je m'en éloigne, ma vie passée se dessine comme une île” écrivait Paul Claudel et il y a vraiment de cela dans la réalité de Halo Maud déjà à l’écriture de son deuxième album. Déjà prête à débarquer sur un nouveau continent. Et ce continent passera par la scène pour Halo Maud qui sera en concert le 20 juillet au midi festival de Hyères et le 26 août au festival Rock en seine. 

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