Pour son nouvel et (sixième) album, Barbara Carlotti a décidé de rendre hommage à l’île de son enfance et de sa famille en adaptant les airs qu’elle écoute et qu’elle aime depuis l’enfance.

L’auteure-compositrice-interprète et musicienne, Barbara Carlotti avec son album « Corse, île d’amour » (Elektra / Warner).
L’auteure-compositrice-interprète et musicienne, Barbara Carlotti avec son album « Corse, île d’amour » (Elektra / Warner). © WMG France/Elektra France/Barbara Carlotti

Parmi les onze chansons et reprises qu’elle a sélectionnées, un succès créé par Tino Rossi en 1934, « Corse, île d’amour », qui donne également son nom à l’album.
 

Car si la chanteuse a été bercée par la chanson française des années 60 et la pop des années 80, elle n’en a pas moins été baignée par les musiques et les chants d’une corse qui lui reste viscéralement attachée au cœur et au corps...  

Dans ce disque, elle rend hommage à ses racines et aux artistes dont la notoriété a rarement dépassé les côtes de l’île de beauté comme Tony Toga, Charles Rocchi, Antoine Ciosi, Regina et Bruno ou encore Canta U Populu Corsu, un groupe qui lutte depuis les années 70 pour la promotion de la langue et de la culture corse.  

Pour permettre aux continentaux d’accéder à ces chansons, Barbara Carlotti a traduit certains titres en français afin que l’on puisse mieux appréhender leurs thématiques comme l’exil, l’attachement au pays et le retour au village.  

Outre le répertoire du cru, l’artiste est allée chercher des titres qui évoquent son île comme par exemple « Solenzara » co-composée par Enrico Macias et popularisée par Tino Rossi ainsi que « Le tango corse » de Fernandel qui date de 1940. Preuve que Carlotti ne manque pas d’humour quand on sait que cette chanson pointe avec ironie la lenteur supposée des corses :  

Le tango corse, c'est un tango conditionné, / C'est de la sieste organisée / On se déplace pour être sûr qu'on ne dort pas / On se prélasse, le tango Corse c'est comme ça… ».  

Parmi les autres chansons de l’album, « La ballade de chez Tao » en hommage à Jacques Higelin qui est devenu, grâce à ce titre, citoyen d’honneur de la ville de Calvi en 1985. Afin de lui donner du relief, Barbara Carlotti a sollicité la propre fille du grand Jacques, Izïa, pour former un duo.  

Pour réactualiser ces chansons, Barbara Carlotti s’est ingéniée à moderniser les arrangements d’origine… Pour ce faire, elle a eu recours à Bénédicte Schmitt, une grande productrice d’albums reconnue depuis une vingtaine d’années, qui a pris en mains la réalisation de cet album. L’objectif était surtout de s’affranchir des clichés qui ont fini par réduire la musique corse aux polyphonies, au profit d’un travail exigeant de réappropriation. Carlotti et Schmitt ont pris soin d’habiller les chansons d’harmonies électro-pop très actuelles et surtout très chic.  

Pour conclure, notons la présence d’artistes locaux venus apporter leur concours à cet album comme Pierre Gambini, issu du groupe I Cantelli pour un autre duo, Carmin Belgodère, un virtuose de la cetera (un instrument à cordes proche du cistre) ; les membres du groupe Aquaserge mais aussi Bertrand Burgalat à la guitare, lui-même natif de l’île.  

Barbara Carlotti : album « Corse, île d’amour » (Elektra / Warner)   

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