Regarder des hologrammes, c’est voir avec les yeux de l’esprit. Ecouter Flavien Berger, c’est traverser le désir avec le cœur à contre temps...

Flavien Berger
Flavien Berger © Getty / David Wolff - Patrick

Flavien Berger, auteur compositeur interprète, musicien protéiforme, producteur hybride né en 1987 est bien un enfant de ce siècle. Un fils légitime de Paname, qui a grandi dans le XIIIe arrondissement. Ce qui le conduira à dire : 

C’est un quartier chinois, qui donne une vision du futur, parce que je crois que le monde de demain sera très asiatique, comme dans Blade Runner. Je ne viens pas de Versailles, ni d’Allemagne. J’ai écouté de la musique très tôt, et je fais de la musique tout seul. Je joue de l’accident, plus que de l’instrument à proprement parler 

Tout est dit ou presque dans ces propos anciens livrés au magazine Trax par un artiste dont on observe l’évolution vertigineuse avec jubilation. D’un premier album Léviathan inspiré par les abysses aquatiques, on a retenu le goût irrépressible pour les textures, les contrepoints Krafterkiens, le goût de la transe psychédélique, mais aussi l’attraction déjà prémonitoire pour la chanson pop comme ce fut le cas avec « Gravité ».

Flavien Berger, comme il le dit lui-même, a rencontré depuis d'autres musiciens et chanté dans plein de nouvelles oreilles, dont celles expertes et largement adoubantes d’un Etienne Daho affuté comme personne pour repérer le futur de la musique pop hexagonale.

Pour autant, Flavien Berger au départ vient plutôt de la musique à l’image. Après avoir fait l’apprentissage de la composition via sa Playstation 2 et Music 2000, Flavien s’est trouvé inconsciemment inspiré par son environnement familial : une famille de cinéastes, avec une mère qui a été monteuse toute sa vie, et un père qui a commencé comme réalisateur. 

Résultat : Flavien se fait son propre cinéma  au travers de sa musique. L'album Léviathan racontait en grand écran digital une plongée amoureuse formulée en métaphore de la plongée sous-marine. 

Avec Contre-temps, titre du nouvel album, le scénario est plus précis. 13 chansons pour celui qui est très attaché aux chiffres. 13 pour marquer le temps, comme le nombre de lunaisons. Et le 9 reproduit 9 fois comme dans une de ses nouvelles chansons marque cette aspiration à la fois à la vérité et à l’unité. C’est tout ce que raconte ce nouveau disque qui touche aussi au cosmos et à une forme de divin. Flavien Berger dit imaginer ses disques comme des récits d’aventure où l’empreinte fantastique, science fictionnelle est toujours là. 

Mais ce qui marque aussi son travail (mise à part cette extraordinaire liberté de l’expérimentation), c’est l’attention sur le format de la chanson. Daho en embuscade minimaliste, Katerine pour toucher parfois le surréel et le sourire en coin, et au final une forme d’aquabonisme bouleversant qui ne ressemble qu’à lui. 

Son nouveau single « Maddy la nuit », sous son apparente légèreté traduit le tropisme de Flavien pour la culture holographique. Dans le clip, on voit un drôle de type qui rentre chez lui avec un nouveau compagnon, un poisson rouge nommé Maddy. Dans un triptyque où le temps s’entremêle, Maddy va être le témoin d’une attention particulière : la fabrication d’un amour virtuel. C’est aussi pour Flavien Berger une façon de traverser le temps, de se créer sa propre profondeur d’image. 

Le monde de Flavien Berger se situe entre la matière et l’énergie, le réel et le surréel, l’objet et l’idée, pour au final toujours explorer la temporalité. 

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