Alors qu'on s'interroge sur la direction que prendra son prochain album, la plus internationale des chanteuses espagnoles publie un nouveau titre envoûtant. Un "Dolerme" qui s'appuie une fois encore sur une guitare sèche.

Rosalía, auteure-compositrice-interprète, à la 62e cérémonie annuelle de remise des Grammy Awards  le 26 janvier 2020 à Los Angeles, Californie.
Rosalía, auteure-compositrice-interprète, à la 62e cérémonie annuelle de remise des Grammy Awards le 26 janvier 2020 à Los Angeles, Californie. © Getty / David Crotty / Patrick McMullan

Un jaléo pour Rosalía ! « Juro Que » ce qui veut dire « Je jure que ».  Juste avant de remporter son premier Grammy Award (dans la catégorie meilleur album Latin rock ‘urbain / alternatif’) lors de la 62ème cérémonie en janvier dernier la jeune Rosalía interprétait sur scène ce nouveau titre. 

Un flamenco dans le style des tangos de Granada. Transposé au XXIème siècle, avec faux ongles et tenues sportswear, on entend une jeune femme qui promet fidélité à un son homme « en prison depuis 400 jours ». Ecoutez une fois encore que fait Rosalía avec la tradition …

« Juro Que » Je te jure, je te jure, vous entendez une fois encore Rosalía Vila Tobella, celle qui transforme tout ce qu’elle touche, à commencer par le flamenco. Petits effets de montage numérique et auto-tune sont ici au service d’un flamenco passionné, transporté dans l’époque actuelle, sans perdre son caractère intemporel. 

Pour avoir vue Rosalía en concert, lors de son dernier passage à Paris, je vous assure que c’est véritablement une artiste éblouissante, qui maîtrise parfaitement le chant, la danse, les chorégraphies, mais aussi sa mise en scène, avec un sens de la lumière et de la concentration très rare. 

Rosalía est espagnole, elle vient non pas du Su (comme souvent les artistes de flamenco) mais de Catalogne. Si elle a grandi dans la région de Barcelone, à Sant Esteve Sesrovires, son territoire s’est cependant largement agrandit en seulement deux ans. Rosalía a multiplié les collaborations, avec James Blake ("le beau duo "Barefoot In The Park" souvent joué sur France Inter) vers des textures pixelisées d'un r'nb contemporain et puis surtout du côté du reggaeton. 

Une évidence quand on est hispanophone vous me direz, il n'empêche : peu d'artistes espagnoles ont réussi à conquérir l'Amérique du Sud. Rosalía, elle, l'a fait en travaillant avec le Colombien J-Balvin (gros succès pour le duo « Con Altura ») et plus tard avec le portoricain Ozuna (pour la chanson « Yo por  Ti - Tu por Mi » en playlist sur Inter). 

Après ce Grammy Award qui récompensait son deuxième album « _El Mal Querre_r », on attend donc la suite : un nouvel album annoncé pour cette année. La semaine dernière Rosalía postait (enfin) un nouveau titre : « Dolerme » (= me blesser – me faire mal) 

Rosalía travaille ici encore avec son co-auteur El Guincho (Pablo Díaz-Reixa) mais cette fois-ci le titre est produit par le canadien Frank Dukes (c’est à dire grosse artillerie : il a travaillé avec Rihanna, Drake et Travis Scott). 

« Dolerme » est une chanson de douleur et de colère sourde, après la séparation (vous allez voir comme le joue du premier plan et des échos dans sa voix) : je vous traduis quelques mots : 

vite vite « Que no sea mañana » qu'il ne revienne pas demain, « Me Parto la camisa » j'en déchire ma chemise Deprisa, Deprisa, vite, vite, qu'il n'y ait pas de lendemain.  

Rosalía - "Dolerme" (Columbia)

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