Ce matin le Prétoire a les yeux tournés vers 2016 et sur les grands procès qui feront l’actualité cette année.

A commencer par celui du « dentiste de l’horreur » qui sera présentéau tribunal correctionnel de Nevers en mars.

Ce sera le procès de tous nos cauchemars, des cauchemars que des centaines de patients ont vécu en vrai dans le cabinet de Mark van Nierop à Château-Chinon. Cette grande carrure de cinquante ans avait une immense qualité, la disponibilité, ce qui a fait sa renommée dans une ville classée désert médical. Mais dans le huis clos de son cabinet, il assomait ses patients d’anesthésiants avant de les traiter à la manière d’un boucher. Il y a eu des dents saines arrachées, des gencives attaquées jusqu’à l’os, des abcès et des mutilations ayant conduit certains patients à la septicémie et même à l’infarctus. Près de 130 victimes seront présentes à l’audience pour réclamer sa condamnation et espérer obtenir des dommages et intérêts.

Les avocats généraux du procès Bonnemaison par Matthieu Boucheron
Les avocats généraux du procès Bonnemaison par Matthieu Boucheron © Esba TALM - Angers

A Paris, retour au feuilleton politico judiciaire qui avait enflammé nos vacances de fin d’année il y a trois ans : l’affaire du compte caché de Jérôme Cahuzac.

C’est Mediapart qui a déniché la face sombre du ministre du Budget, le chevalier blanc de la lutte contre l’évasion fiscale jeté dans ses propres filets. Il y a eu cette fameuse conversation téléphonique dans laquelle il indique que « ça [le] fait chier d’avoir un compte en Suisse chez UBS » parce que « ce n’est pas la plus planquée des banques ». Après s’être battu contre l’évidence au point de jurer au Président Hollande, « les yeux dans les yeux », que tout cela était faux, Cahuzac finira par admettre « l’indicible », comme il le qualifiera. 600 000 euros sur un compte caché, d’autres comptes et des placements immobiliers au nom de sa femme, des revenus dissimulés. C’est maintenant devant le tribunal correctionnel de Paris que le couple Cahuzac devra jurer de dire toute la vérité, le mois prochain. Ils risquent jusqu’à 7 ans de prison. »

Et puis, à la Cour d’assises: le procès en mai prochain de la mort de Babu dans le métro.

Babu, le surnom de Rajinder Singh, un indien poussé sur les voix à la station « Crimée » en 2011. Les premiers témoignages établiront le scénario d’un homme qui tente de porter secours à une jeune femme qui se fait agresser, et qui tombe après avoir été repoussé. Deux ministres à l’époque, Frédéric Mitterrand à la culture et Thierry Mariani aux transports, participeront aux cérémonies d’hommage, avant qu’une autre réalité apparaisse aux yeux des enquêteurs : Babu était ivre, c’est lui qui a déclenché une altercation avant d’être repoussé vers les voies par le voyageur à qui il s’en prenait. Mohammed Fayed va donc comparaitre pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Ses avocats vont bien entendu plaider la légitime défense et réclamer son acquittement. »

Enfin, ce qui sera certainement le procès le plus sensible de l’année: Fabienne Kabou comparaitra devant les assises à Saint-Omer en juin prochain pour avoir noyé sa fillette de 15 mois sur une plage de Berck-sur-Mer.

« C’était « Bord de mer » il y a 15 ans, un roman magistral de Véronique Olmi. La fiction a rejoint la réalité en 2013 quand Fabienne Kabou a pris le train pour Berck avec sa petite Adelaïde, elle passe la nuit avec elle sur la plage en attendant que la marée haute lui ôte vie. Terrible geste, terrible histoire, de cet enfant qui n’avait pas d’état civil, de cette mère intelligente et cultivée qui livrera au juge d’instruction un récit impressionnant mêlant les constatations de son crime à l’analyse qu’elle en fait. Mais pourquoi a-t-elle tué sa fille ? C’est la question lancinante à laquelle Fabienne Kabou ne répond pas encore. »

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