Il suffit de taper son nom sur internet et le web s’enflamme.

Jawad Bendaoud, dit le logeur, comparaissait pour menaces de mort et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique
Jawad Bendaoud, dit le logeur, comparaissait pour menaces de mort et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique © AFP / Benoit PEYRUCQ

Il suffit de l’amener dans une salle d’audience et les cous se tendent derrière la porte vitrée pour apercevoir celui que la France a pris pour son bouffon.

C’était le 18 novembre 201, la France était hébétée par l’horreur des attentats survenus cinq jours avant, quand les caméras de BFM TV, ont fait de Jawad Bendaoud une star à ses dépens, alors que le raid venait de donner l’assaut dans un immeuble de Saint-Denis.

Jawad Bendaoud a été mis en examen dans le dossier des attentats et placé en détention. Sur les réseaux sociaux, on a continué à s’en donner à cœur joie.

C’est d’ailleurs une nouvelle moquerie qui lui vaut d’être, une fois encore, devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Jugé pour menaces de mort et outrage sur les policiers qui l’escortaient lors d’un précédent procès.

Jawad Bendaoud raconte :

Ils m’ont appelé "Century 21", "Stéphane Plaza"... ils m’ont mis une matraque entre les jambes et m’ont soulevé. Alors j’ai pété les plombs !

Et aujourd’hui encore, ce trentenaire père de trois enfants fulmine. Lui qui ne compte plus ses années de prison, depuis ses 19 ans et l’homicide involontaire de son meilleur ami hurle son innocence, en prison, dans ses lettres aux juges, à l’audience :

Avant, tout ce que j’ai fait, j’ai assumé. Mais là, je suis en prison pour rien, j’ai pris 50 euros pour un appart, et avant même d’être jugé pour les attentats, je mange peine sur peine 18 mois de prison.

Car Jawad Bendaoud en est à sa troisième condamnation, depuis son incarcération après les attentats du 13 novembre. Et tout cela à cause de ses conditions de détention, selon lui. A cause de l’isolement et de son statut de détenu particulièrement surveillé, des railleries permanentes qu’il ne supporte plus :

En prison, il y a des mecs qui ont égorgé des gens en Syrie et qui se promènent, tranquilles “salut, t’as pas un Twix?” et moi je suis à l’isolement.

Hier, Jawad Bendaoud a été condamné à une peine de mise à l’épreuve, sans prison supplémentaire, et, surtout, il y a un mois, son cas a été disjoint du dossier du 13 novembre. Il pourrait ainsi être jugé avant la fin 2017 devant un tribunal correctionnel, non plus pour terrorisme, mais pour simple recel de malfaiteurs.

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