Jamel Leulmi est accusé d’avoir tué sa femme et tenté d’assassiner une seconde compagne, pour toucher plusieurs millions d’euros d’assurance décès. Au cœur des débats, la personnalité de l’accusé.

Julie Derouette, ancienne compagne Jamel Leulmi
Julie Derouette, ancienne compagne Jamel Leulmi © Max PPP

On se fait la réflexion en le voyant entrer dans le box. Muscles saillants sous la chemise ajustée, crâne soigneusement rasé, voix posée et mots choisis : voilà un homme qui présente bien.

Jamel Leulmi aime se montrer sous son meilleur jour, toutes ses réponses sont précédées d’un « Madame la présidente » un peu obséquieux.

C’est comme s’il y avait le Jamel Leulmi décrit par la procédure, séducteur en série, manipulateur, bénéficiaire de 13 contrats d’assurance décès aux montants faramineux, souscrits par trois jeunes femmes différentes.

Et puis le Jamel Leulmi de l’audience, victime, dit-il, de son penchant pour les femmes, qu’il résume d’une phrase bien balancée : « comme tous les hommes dans cette salle, j’ai le défaut d’avoir un organe cérébral et un organe génital, et pas assez de sang pour irriguer les deux en même temps » .

Sa ligne de défense ? Il est innocent de tout ce dont on l’accuse, l’assassinat de sa femme Kathlyn, qu’il évoque en sanglotant, l’agression d’une autre compagne, Julie, qu’il traite de mythomane.

Une prestation qui ne convainc pas, bien sûr, l’avocate de Julie, Me Caty Richard :

On sent bien que la ligne de défense de Jamel Leulmi, confrontée aux nombreux éléments à charge du dossier, va être délicate à tenir pendant les trois semaines d’audience.

C’est alors qu’entre en scène une autre femme, essentielle. Céline est la compagne de toujours, le point d’ancrage de cet homme volage. Amie ou amante selon les époques, mais jamais très loin de lui. Lors de arrestation, Céline a été placée en garde à vue, malmenée par les gendarmes, soupçonnée de complicité; car c’est elle qui a fourni à Jamel Leulmi un alibi le soir de l’agression de Julie, au Maroc, où elle était aussi.

Qui est vraiment cette jeune femme déterminée, qui tente de démontrer avec aplomb et beaucoup d’explications l’innocence de Jamel Leulmi ? Plus de cinq heures de déposition, mercredi, n’ont pas suffi à tirer les choses au clair. Son discours extrêmement raisonné, y compris pour défendre les frasques sexuelles de son compagnon, laisse un sentiment étrange.

L’aplomb de la jeune femme ne suffit pas à balayer les charges qui pèsent sur Jamel Leulmi. Mais l’image du séducteur-manipulateur s’est effacée, au profit d’une réalité plus complexe. Celle d’un couple, ou d’un duo, dont on se demande quel est le pacte qui les unit. Le procès de Jamel Leulmi se poursuit jusqu'au 21 mai, à retrouver dans les journaux de france inter et sur notre site franceinter.fr avec un dossier complet
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