Crimes et châtiments n°2
Crimes et châtiments n°2 © Jacob-Duvernet

Plongée dans le deuxième numéro du magazine Crimes & Châtiments, un trimestriel consacré aux faits divers avec de très beaux articles de journalistes, de romanciers, d'experts et de policiers, dont France Inter est partenaire.

C'est à un personnage à la croisée des chemins, un personnage que nous connaissons bien à France Inter, que nous nous sommes intéressés.

Il fait partie de ces types qui ont eu deux vies, deux vies trépidantes qui plus est. Eric Yung a été flic à l'anti gang, au temps des hold-up et des prises d'otages, puis journaliste en presse écrite d'abord, et très longtemps parmi nous à la rédaction de France Inter.

Il nous raconte, dans Crimes & Châtiments , un moment précis où ses deux morceaux de vie vont s'entrechoquer.

En janvier 1978, au milieu de l'autoroute du Sud, il procède avec son équipe à l'arrestation des ravisseurs du Baron Empain. Arrestation sanglante -l'un d'eux est tué, le second est à terre, blessé. De rage, Eric Yung se jette sur lui, lui ouvre la bouche, lui colle son flingue et lui dit « Dis nous où est le Baron Empain sinon je te tue ! ». « Vas-y, bute-moi, tu me rendras service ! ».

Acte 2, en avril 1990. Dans sa seconde vie, à France Inter, Eric Young reçoit pour son émission Alain Caillol. Alain Caillol est, vous l'avez deviné, ce voyou qu'il a failli buter. Il vient de sortir de prison et s'apprête à publier un livre de témoignage, dans lequel il raconte notamment son arrestation. Situation incroyable pour Eric Yung.

  • Eric Yung : « L’action est tellement rapide, tellement violente, le gouffre et la mort, c’est là que nous étions l’un et l’autre, en face l’un de l’autre, lui avec une arme dans la bouche. Et il dit : ’j’ai vu dans ses yeux qu’il ne tirerait pas’. C’était vrai, bien sûr que je n’aurais jamais tiré »

  • Jean-Philippe Deniau : « Et quand vous vous revoyez à ce moment-là dans un studio de France Inter, lui ne vous reconnaît pas. Il n’a pas perçu, dans vos yeux, le regarde de l’homme qui aurait pu le tuer ? »

  • Eric Yung : « Non parce que le temps avait passé et moi j’avais vieilli, lui aussi. Malgré ce regard, non… Il y avait quelque chose qui se passait. Mais il avait fallu attendre la fin de l’émission pour que je lui dise qui j’étais réellement. Et là, il a souri. C’est assez étonnant »

  • Jean-Philippe Deniau : « Aujourd’hui, vous préférez tenir un flingue ou un micro ? »

  • Eric Yung : « Oh, plutôt un micro et un stylo. Vous savez, je suis rentré dans la police comme un ethnologue -c’est ce que je raconte dans un de mes livres, pour visiter l’intérieur de la police. J’en suis parti avec éclat, d’ailleurs. Et je ne le regrette pas. Mais cela a été une expérience d’ethnologue »

-Jean-Philippe Deniau : « Vous avez un autre point commun avec Alain Caillol : vous aussi, vous avez raccroché »

  • Eric Yung : « Oui et j’ai eu l’avantage, peut-être, de raccrocher avant lui, si je puis dire »

« Alain Caillol et moi, la double vie d’Eric Yung », dans Crimes et Châtiments , un très beau magazine de chroniques policières et judiciaires pour ceux qui aiment traîner dans le prétoire.

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