Musée du Louvre à Paris
Musée du Louvre à Paris © MaxPPP

Cet après-midi, s'ouvre devant la 16ème chambre du tribunal correctionnel de Paris le procès de 17 personnes.

16 détrousseurs de touristes, des roumains âgés de 23 à 46 ans... Et leur complice, un agent de sécurité du château de Versailles.

C'est une plainte du musée du Louvre en décembre 2012 qui déclenche l'enquête. Depuis des mois, le musée est confronté à une augmentation exponentielle des vols à l'intérieur même du musée. Des voleurs sont interpellés, leurs téléphones analysés. Tous contiennent le même numéro, celui d'une certaine Cinca. C'est en la mettant sur écoute que les policiers parviendront à démanteler deux équipes de détrousseurs chevronnés.

Au Louvre, au château de Versailles, à la tour Eiffel, le mode opératoire est le même, en général par équipe de trois.

Habillés en touristes lambda, appareil photo au cou, ils achètent un billet. A l'intérieur, ils repèrent la cible potentielle : les touristes étrangers, surtout les asiatiques et les arabes, si l'on en croit l'expertise de ces as du pickpocket,

ce sont ceux qui transportent le plus d'argent liquide, parfois plusieurs centaines d'euros. Imaginez la scène. Devant la Joconde, où la foule se presse, l'un ouvre les sacs pour dérober portefeuilles et portables. Un deuxième "couvre le dos" du voleur; dissimule ses gestes en se collant à lui. Le troisième fait le guet.

L'argent dérobé change aussitôt de main, les devises étrangères sont converties au bureau de change. A la fin de la journée, l'argent est réparti selon une hiérarchie très stricte. Les anciens sont mieux payés que les petits nouveaux, et un voleur touche plus qu'un guetteur. Surtout, la moitié de la recette du jour est expédiée en Roumanie, par mandats cash.

Des donneurs d'ordre depuis la Roumanie

Les deux équipes étaient dirigées par des femmes; mais ce sont leurs conjoints respectifs qui surveillaient, le plus souvent depuis la Roumanie, le travail, si on peut dire, de leurs moitiés. Robert Baciu, qui a rencontré sa femme Sandra à Rome alors que tous deux s'apprêtaient à dérober le même portefeuille, décide de la rémunération de chacun, organise les rotations, rapatrie une guetteuse jugée inefficace. La mère de Mariana Gandac réclame elle aussi sa part des gains. Dans les équipes, se cotoient plusieurs frères et soeurs.

Pour comprendre les responsabilités de chacun, le tribunal devra se pencher sur le fonctionnement de ces structures claniques, très hiérarchisée, où chacun doit rester à sa place; la femme obéissant à son mari; et les enfants à leurs parents.

Un agent du château de Versailles parmi les prévenus

Cet homme de 27 ans a fait plus que fermer les yeux contre quelques billets. Les écoutes ont révélé qu'il était l'amant d'une des voleuses et renseignait les équipes sur les horaires et les lieux de présence de ses collègues les plus vigilants. Ce qui est étonnant, c'est qu'il soit le seul sur le banc des prévenus. D'après les écoutes les enquêteurs, d'autres agents étaient complices des voleurs, notamment au musée du Louvre. L'un d'eux, décrit précisément par un policier, n'a pourtant jamais été identifié et encore moins interrogé dans le cadre de l'enquête. Un manquement qui intrigue les avocats de la défense, qui se demandent pourquoi les investigations n'ont pas été plus poussées de ce côté là.

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