La condamnation d'Air France pour discrimination, c’était hier. Le tribunal de Bobigny a condamné la compagnie aérienne à 10 000 euros d'amende, et 3000 euros de dommages et intérêts envers une jeune femme. Elle avait été débarquée d'un avion pour Tel Aviv après que le personnel d'Air France lui ait posé une question sur sa religion.

L'histoire remonte au 15 avril 2012, Horia Ankour embarque à l'aéroport de Nice, dans un vol à destination de Tel Aviv. Elle fait partie d'un groupe de militants pro-palestiniens qui tente de se rendre à Bethléem. Israël fournit à toutes les compagnies aériennes des listes de persona non grata sur son territoire. Une vingtaine de militants sont ainsi refoulés dès l'embarquement. Mais pas Horia Ankour, qui visiblement ne figure pas sur la liste. Mais une fois à bord, une hôtesse de l'air lui demande de la suivre, avant de lui poser deux questions : êtes-vous israélienne, êtes-vous juive. Les réponses sont négatives, la jeune femme est débarquée de l'avion. A l'audience, en janvier dernier à Bobigny, on avait compris que la consigne venait des autorités israéliennes, retransmise par la chef d'escale d'Air France. Pour le tribunal, il y a donc discrimination.

L'avocat d'Horia Ankour, Patrick Baudouin, salue l'importance symbolique de cette décision

- Air France, en revanche, conteste toute discrimination?

Selon un représentant de la compagnie, qui ne souhaite pas s'exprimer au micro, la société va faire appel du jugement.

A l'audience, l'avocat d'Air France, Me Fabrice Pradon, avait mis en avant ses obligations réglementaires envers Israël : comme toutes les compagnies, Air France ne peut embarquer un passager s'il est persona non grata dans le pays d'arrivée.

Les questions posées étaient peut-être maladroites, avait plaidé l'avocat, mais il n'y avait pas d'intention de nuire. A l'audience, la chef d'escale avait expliqué avoir posé ces questions dans le but de protéger la jeune femme, qui risquait d'être arrêtée à son arrivée à Tel Aviv. La discrimination est elle soluble dans les bonnes intentions? Ce sera l'enjeu des débats devant la cour d'appel.

- Et Entre temps, Horia Ankour aura probablement d'autres rendez-vous avec la justice.

C'est un de ces hasards dont la vie a le secret. Vous vous en souvenez peut-être, fin février, un policier de la BAC de Carcassonne avait tiré sur une voiture, qu'il pensait être celle d'un fugitif activement recherché. Au volant, une jeune femme qui avait le malheur d'avoir le même modèle de voiture que le voyou. Bien secouée par la scène, Horia Ankour, car c'était elle, a porté plainte pour violences avec arme. Sa voiture a été touchée par six balles. Un juge d'instruction a été saisi pour enquêter sur cette incroyable erreur.

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