Police
Police © Radio France / freefotouk

Une nostalgie de la police d'avant, et des anecdotes policières à la pelle, avec deux livres. L'un écrit par l'ancien patron de l'IGS, la police des polices, et l'autre par un journaliste, vieux routier des affaires criminelles.

Et le premier livre, c’est celui d’Eric Meillan, un commissaire à la retraite. A son pot de départ, en 2010, il dit aux quelques personnes choisies qui sont là : « je m'en vais pour ne pas subir la médiocrité ambiante ». Au fil de son livre, dont le titre est Confessions d'un sale flic , il revient sur son parcours à la DST et à l'IGS. 32 ans de police, du contre-espionnage aux bœufs-carottes et une certaine nostalgie, pour lui, de la police d'avant.

Eric Meillan : « A force de tout réglementer pour pouvoir mieux contrôler les policiers, on leur a enlevé tout pouvoir de discernement, tout pouvoir d’indulgence, ce qui faut qu’on dit aujourd’hui ’les policiers sont cons, ils ne comprennent rien’. Autrefois, il était courant que le policier, pour une petite affaire de la route, pour une petite affaire de vois publique, laisse partir la personne et cela permettait un bon contact. Aujourd’hui, le policier qui ferait cela serait convoqué et sanctionné. Je confirme, la police crève de trop de bureaucratie, la police crève d’être entourée d’une gangue de bureaucrates qi font perdre à la police son contact avec le terrain »

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Ainsi, raconte l'ancien flic, en 2005, interrogé sur les circonstances de la mort dans un transformateur EDF de deux gamins de Clichy-sous-Bois, Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'y a pas eu de poursuites policières à l'origine. Cette réponse lui a été soufflée par son entourage, poursuit Meillan, et ne correspondait pas à la réalité. Mais personne, ce jour-là, n'avait interrogé les flics de terrain. Résultat : une phrase qui passe mal dans les banlieues et trois semaines de violences urbaines.

  • Autre livre, autre ton : celui d'un confrère, Alain Hamon

Alain Hamon, lui, c'est 31 ans de police. Enfin, 31 ans à suivre la police, à en décrypter les arcanes, à en raconter le meilleur comme le pire. Dans Polic e, l'envers du décor , il balance les ripoux, les faux PV, les ratés, les arrivistes, les guéguerres de chefs, les amitiés politiques qui prennent le pas sur le métier, les enquêtes, étouffées pour ne pas déplaire à une personnalité étrangère, les intrigues syndicales… Bref, une sorte de concentré de la vie de bureau, mais dans la police.

Et pour Alain Hamon, la police, ce n’était pas mieux avant, puisque -c'est ce qu'il démontre- la police n'a jamais cessé d'être politiquement instrumentalisée. Le bouquin fourmille d'anecdotes quelques fois drôles, quelques fois tragiques, sur cet envers du décor promis par l'auteur. Un envers du décor souvent miséreux, où par exemple à Marseille, à certaines heures, il n'y a plus aucune Bac pour effectuer des rondes, parce que 4 des 6 voitures affichent 150 000 kilomètres et qu’elles sont en réparation.

Il y a, chez Alain Hamon, passée l'ironie, une vraie tendresse pour les flics de terrain, les flics du service général, ceux « qui ne se prennent pas pour des supers-flics ». Il cite l’exemple de Christophe, un policier de Meurthe-et-Moselle, qui répond, quand on lui propose une médaille pour avoir sauvé un homme de la noyade : « j’ai juste fait mon boulot ; point ».

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