Les Archives nationales, qui disposent des archives judiciaires les plus importantes au monde, ont sélectionné les grands procès faits aux femmes depuis la fin du Moyen-Age.

10 octobre 1934. Violette Nozière, accusée d'avoir empoisonnée ses parents, à la Cour d'Assises de Paris.
10 octobre 1934. Violette Nozière, accusée d'avoir empoisonnée ses parents, à la Cour d'Assises de Paris. © Getty / Keystone-France/Gamma-Keystone

Au travers d'un livre et d'une exposition, voici quelques figures du crime au féminin, des sorcières aux pétroleuses...

Les femmes se retrouvent beaucoup moins souvent devant la justice que les hommes. C'est vrai encore aujourd'hui et certaines études montrent qu'elles bénéficient d'une certaine indulgence, surtout quand la défense met en avant leur rôle de mère de famille.

Mais gare à celles qui ne rentrent pas dans le cadre que la société leur fixe.

Les voici d'abord poursuivies pour sorcellerie, à l'instar de Jeanne d'Arc... C'est surtout après la Renaissance que l'Europe déchirée par les guerres de religion envoie des dizaines de milliers de femmes au bûcher... Des femmes souvent un peu marginales, qui connaissent les plantes médicinales mais qui ont mauvaise réputation et à qui on peut vite attribuer les drames qui frappent le village...

Après la sorcière, la figure de l'empoisonneuse va dominer la chronique judiciaire féminine...

De l'affaire des Poisons à Violette Nozière, en passant par Marguerite Steinheil... Dans ses bras mourut le président Félix Faure, qui aurait mal supporté un aphrodisiaque... C'est aussi souvent pour infanticide que de jeunes femmes se retrouvent au tribunal, à raconter leur grossesse non désirée. Les femmes ne sont censées pas faire couler le sang, jusqu'à ce qu'elles prennent les armes au soir de la Commune en 1871...

Puis vient le procès des pétroleuses... Elles sont un millier souvent condamnées néanmoins aux travaux forcés, même si aucune n'est reconnue coupable d'avoir incendié Paris accusation qui leur a donné ce nom de pétroleuse...

Mais c'est une constante de l'histoire, face aux juges les femmes sont toujours questionnées sur leur intimité.

"Présumées coupables", c'est un ouvrage collectif aux éditions l'Iconoclaste… Et une exposition au Archives Nationales dans le marais à Paris...

Par Sara Ghibaudo

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