Un reportage de Violette Arthaud

Selon la Convention Européeene des droits de l'Homme "Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement".

En réalité, certaines personnes ont bien du mal à se faire entendre par la justice. Ces personnes, ce sont les sourds, souvent aussi muets. Comment connaître ses droits quand on s'exprime uniquement en langue des signes? Il y a quelques années, Anne-Sarah Kertudo perd l’audition. A l’époque, elle fait des études de droit. En apprenant la langue des signes, elle découvre le monde du silence. Et dans ce monde, le mot justice est très confus.

Aujourd’hui, Anne-Sarah Kertudo peut à nouveau entendre. C’est elle qui a créé la première permanence juridique en langue des signes. Elle se démène pour ceux que l’on oublie ou pire, que l’on discrimine.

Catherine Scotto, présidente à la commission handicap du barreau de Seine-Saint-Denis s’exaspère du manque d’interprètes en langues des signes. Il faut dire que le métier est très fatigant. Sans compter que les interprètes sont payés deux fois moins par la justice que dans le privé.

Mais le manque d’interprètes n’est pas le seul problème, car si les sourds ne connaissent pas leur droit, la justice, elle, ne connaît pas les sourds. Au XVIIIème siècle, les sourds-muets étaient considérés comme hors la loi. Les choses ont changé mais il reste encore un long chemin à parcourir avant de rétablir l’équité.

Le palais de justice de Bordeaux
Le palais de justice de Bordeaux © Dominique Lemarié
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