Les mémoires d'une vieille figure méconnue du grand banditisme, William Perrin, viennent de paraître chez Fayard sous le titre « Mémoires d’un vrai voyou ».

Main portant un revolver.
Main portant un revolver. © Laurent Hamels/AltoPress/Maxppp

Le gangster, braqueur et trafiquant aujourd’hui âgé de 84 ans, n'avait jamais parlé au micro. Emmanuel Leclère la rencontré.

Sa règle première pour rester en vie, c'était de ne jamais faire dans le racket ou les règlements de compte, allusion à ce qui se passe aujourd'hui:

Deuxième règle : ne jamais avouer, ni en garde à vue, ni devant le juge, encore moins balancer ses collègues pour éviter de se faire coffrer :

Lui s'est fait dénoncer à plusieurs reprises, arrêter, juger et condamner lourdement.

Condamné pour des braquages de coffre-fort, sociétés, banques, particuliers. Sa grande spécialité : braquer au chalumeau. C’était avant de devenir l'un des plus importants exportateurs d'héroïne dans les années 60/70. De Marseille ou de Thaïlande vers Buenos Aires et surtout New York, il n’a jamais été interpellé en flagrant délit.

« Tout cela uniquement pour l'oseille », comme il dit : « pour le fric. Oubliez toute idée de morale, de regret, de repentir chez William Perrin.

Pourtant, pour survivre, il a tout de même suivi quelques règles de « bonne conduite », si l’on peut dire :

Effectivement : ne pas tirer par exemple sur un poulet, un condé, un policier, donc :

Y compris le jour où, en 1974, les policiers ont enfin changé de méthode d'enquête en se faisant passer pour des acheteurs de drogue :

Dans ses mémoires, le vieux gangster qui savait se taire en dit long, tout de même, sur ces policiers ripoux qu'il croise dans les cercles de jeux et ailleurs, ceux qu'il a réussi à filouter après un vrai faux braquage chez un bijoutier en Allemagne :

Perrin ne dit rien, en revanche, sur ceux qui l'ont coincé, comme les policiers de l'anti gang. Une sorte de forme de respect, sans doute, que relativise Charles Pellegrini, l'un des anciens patrons de l'anti gang . Il se souvient très bien de William Perrin :

Pour la petite histoire, c'est un juge d'instruction, Alain Verlenne, le seul que William Perrin estime, qui lui avait conseillé de raconter ses histoires de voyous dans un livre un jour, puisqu'il ne voulait jamais les raconter sur procès verbal. C'est fait.

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