Après les policiers et les avocats, les magistrats expriment leur colère en dénonçant le manque de moyens d’ambitions. L'USM, le principal syndicat de magistrats est réuni depuis hier en congrès, et la visite de la Ministre de la Justice cet après-midi ne sera pas forcément un moment de détente pour Christiane Taubira.

Magistrats lors d'une audience solennelle
Magistrats lors d'une audience solennelle © MaxPPP/Thomas Padilla

L'USM est quasiment aussi déçue de l'action politique de Christiane Taubira qu'elle l'était de celle de Rachida Dati il y a 6 ans, c'est dire.

Car même si ce gouvernement a cette année encore maintenu à la Justice un budget raisonnable, comparé aux autres ministères, si la Garde des Sceaux lance une campagne de recrutement inédite chez les magistrats et les greffiers, cela ne suffit pas à cacher la misère déplorela présidente de l'USM, Virginie Duval :

Cette misère se vit concrètement au sein des tribunaux.

Prenons l'exemple d'un tribunal de grande instance dans une ville moyenne de 60 000 habitants.

Sur le papier, 9 magistrats y sont affectés, mais depuis plus de deux ans, ils ne sont jamais plus de 6 ou 7 en réalité.

Du coup, le président a dû prendre des mesures drastiques, comme par exemple fermer son tribunal des affaires de sécurité sociale pendant plusieurs mois pour réaffecter les magistrats à d'autres tâches plus urgentes.

Aux comparutions immédiates, ce sont les avocats qui viennent compléter le tribunal parce qu'il manque des magistrats assesseurs pour juger.

Pénurie de matériel également, chacun achète ses fournitures. Quant à l'informatique, il n'y a pas d'ordinateur en salle d'audience et le magistrat est obligé d'imprimer toute la procédure quand il va siéger.

Dans le bureau du président, le mur est fissuré, le sol est trempé les jours de pluie, une partie des locaux ne sont plus aux normes pour la sécurité incendie.

Quant au problème de stocks et de délais, un seul exemple : il faut plusieurs mois pour mettre en place les rencontres dans des lieux neutres entre des enfants et des parents déchirés après une décision du juge des affaires familiales.

Multipliez les problèmes de ce petit TGI par 164, le nombre de tribunaux de grande instance en France (pour ne parler que d'eux) et vous obtenez un tableau assez inquiétant de l'état de la justice.

Il faudrait quasiment un plan Marshall pour assurer un relance pérenne de la machine judiciaire, mais en attendant, il ne faut pas mentir aux Français, supplie Virginie Duval à l'USM :

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