C'est un nouveau revers pour l'ex commandant Philippe Pichon qui avait dénoncé le fichier STIC et ses dérives. Le Conseil d'Etat a confirmé sa mise à la retraite d'office.

Le combat d'un policier lanceur d'alerte
Le combat d'un policier lanceur d'alerte © Maxppp / Lionel Vadam

En 2009 Philippe Pichon transmet au site Bakchich les fiches de police de Djamel Debbouze et Johnny Halliday , histoire de montrer au grand public les failles de ce système où se retrouvent côte à côte victimes et mis en cause . La principale étant le manque patent de mise à jour .Le STIC, Système de Traitement des Infractions Constatées a aujourd'hui laissé la place au TAJ, le Traitement des Antécédents Judiciaires qui cumule les fiches police et gendarmerie avec les mêmes problèmes.Il y a aujourd'hui près de 10 millions de personnes mises en cause fichées !

Cette entorse au secret professionnel vaut à Philippe Pichon une sanction maximale: la mise a la retraite d'office à 38 ans et un renvoi devant le tribunal .

La justice le condamne symboliquement à une amende avec sursis, ne prononce aucune interdiction d'exercer prenant en compte sa carrière exemplaire.

Mais l'administration ne fait elle preuve d'aucune clémence. Y compris devant le Conseil d'Etat où les juges viennent de confirmer définitivement la sanction il y a une semain. L'ancien commandant de police a décidé de porter l'affaire devant la CEDH, la cour européenne des droits de l'homme:

Phillipe Pichon: " il y a un gouffre, un canyon entre la décision judiciaire et la décision administrative. Je demande de pouvoir reprendre dignement mon métier de policier."

Une telle disproportion peut elle s'expliquer ?

Cette administration qui se retourne contre l'un des siens avec excès voila ce qui a passionné Maître Sureau qui a défendu Philippe Pichon devant le Conseil d'Etat , un excès qui a ses raisons analyse François Sureau:

Ce qui choque l'administration est moins la révélation de faits que l'impression de trahison quand un sujet d'élite se tourne contre elle. Je crois que l'administration a voulu faire un exemple.

Pour Georges Moréas, l'autre conseil de Philippe Pichon, s'il a bravé la loi c'était pour dénoncer des dérives . Il faut reconnaître l'ancien officier comme un lanceur d'alerte. Faute de recours,exception faite de la CEDH, ils ont décidé de jouer une dernière carte. Ils en appellent à la bienveillance du président de la République, une requête a été adressée mi-février à François Hollande pour réintégrer l'ancien commandant au sein de la police nationale..

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