Par Jean-Philippe Deniau

Fannie Blancho et Jérémie Bellanger
Fannie Blancho et Jérémie Bellanger © Radio France

Près de 3 ans après la disparition d'un jeune couple de Français à la sortie d'une boite de nuit en Bolivie, les familles de Fannie Blancho et Jérémie Bellanger se battent sans relâche pour que les meurtriers présumés de leurs enfants puissent être jugés un jour dans des conditions honnêtes. Et ce n'est pas facile.

Patrick Bellanger, le père de Jérémie, passe les trois quarts de son temps en Bolivie car dès le début de l'enquête, il a senti que rien ne serait fait sérieusement si les autorités judiciaires du pays n'étaient mises sous pression. On peut même dire aujourd'hui que c'est lui qui, avec son épouse, ont permis à l'enquête d'aboutir à des arrestations.

Il a par exemple retrouvé les témoins de ce qui ressemble à un assassinat crapuleux et donc déclenché l'arrestation d'au moins trois hommes directement impliqués dans le meurtre.

« La justice a du mal à fonctionner ici, à cause d’un manque de moyens criant et d’autre part à cause d’une corruption d’élites qui est très difficile à prouver, malheureusement. On en a constaté les effets dès le début : le premier procureur en charge du dossier ne faisait strictement rien sur l’affaire. Aucune perquisition réelle, il y a eu plein d’erreurs de procédure flagrantes, qui nous font soupçonner fortement le fait qu’il ait été corrompu. Nous avons fait des dénonciations au procureur général et finalement, ce procureur a été promu dans la ville de Trinidad, il suffit s’avoir des appuis où il faut pour bien s’en tirer ici. »

Jean-Philippe Deniau : « Est-ce que vous vous êtes sentis, et aujourd’hui est-ce que vous vous sentez soutenu par les autorités diplomatiques ? »

« L’ambassade intervient régulièrement auprès des instances pour protéger les témoins, la procureur, notre avocat et nous-mêmes. Ils sont intervenus récemment, également, auprès de la direction du régime pénitencier pour obtenir le transfert des accusés de Santa Anna de Yacuma jusqu’à Trinidad. Mais d’autre part, nous avons malheureusement appris que le ministère des Affaires étrangères n’avait plus les moyens de nous appuyer financièrement, notamment en payant les transferts ou en payant le déplacement des témoins, chose qu’il va falloir faire au moment du procès. »

Patrick Bellanger n'en est pas encore là. Avec son épouse, en Colombie, ils se battent plutôt pour éviter que le procès à venir se déroule comme prévu à Santa Ana, ville d'où le principal accusé est originaire, mais plutôt à La Paz, la capitale. Pour obtenir un procès équitable, mais aussi pour être sûr que les accusés ne s'évaderont pas aussi facilement qu'ils pourraient le faire dans les prisons passoires de la province bolivienne.

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