Carte Nationale d'Identité
Carte Nationale d'Identité © calahan59

On estime que l'usurpation d'identité concerne plus de 200 000 personnes par an en France.

C’est même le troisième type d'infraction en France, après les vols de voitures et les cambriolages. Cela peut être quelqu'un qui se fait passer pour vous pour vous nuire, pour obtenir un crédit, des allocations, ou encore pour établir de faux papiers permettant de voyager ou de travailler. Selon une étude d'opinion menée par l'institut CSA pour l'entreprise Fellowes, 86% des Français ont entendu parler de l'usurpation d'identité. Se sentent-ils pour autant concernés ? Pas vraiment. Seulement un tiers des personnes interrogées pensent que ça risque de leur arriver à eux.

Et pourtant, cela peut arriver à absolument tout le monde. Comment ? Ecoutez les explications d'Isabelle Panhard, directrice des études à l'institut CSA.

Interview d’Isabelle Panhard : « Dans les entreprises ou les administrations, pour des actes quotidiens, comme ouvrir un compte en banque, déposer un dossier pour la location d’un appartement, pour l’achat d’une voiture, on passe tous notre temps à donner des papiers personnels, des photocopies de notre pièce d’identité, de notre fiche de salaire, de notre permis de conduire, etc., pour monter des dossiers qu’on ne récupère jamais et qui se promènent dans les entreprises. 75% des Français nous disent avoir donné au moins une copie d’un document personnel dans les douze derniers mois, 55% qui en ont donné plus de trois »

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Et le plus souvent, ces données sont récupérées par un proche de l'entourage personnel ou professionnel, auprès d'un commerçant ou d'un organisme négligeant, ou tout simplement dans nos poubelles. Le tri sélectif des déchets facilite d'ailleurs la tâche des voleurs et c'est beaucoup plus courant que le piratage informatique. Pour ceux qui en sont victimes, les conséquences peuvent être dramatiques, surtout quand les faits sont découverts des années plus tard. Christophe Naudin est criminologue et chercheur.

Interview de Christophe Naudin : « Les cas les plus traumatisants, ce sont les gens qui ont été mariés à leur insu, et surtout ceux qui ont eu des enfants à leur insu. L’usurpateur ou l’usurpatrice a alors déclaré des enfants à leur nom. Ils se retrouvent avec un patrimoine divisible, avec des enfants qu’ils ne connaissent pas et qui ne sont pas d’eux. La plupart des victimes que j’ai rencontrées étaient en très grande souffrance psychologique, surtout quand vous faites face à des administrations qui ne vous croient pas, que vous faites face à certains de vos proches qui ont des doutes. Je pense à un cas précis : le mari d’une dame qui avait été victime d’une usurpation d’identité l’a quittée, pensant qu’elle ne lui disait pas la vérité et qu’elle avait une double vie. Donc on aboutit à des choses qui sont totalement et absolument dramatiques ».

- Comment éviter de se faire voler son identité ?

Sans tomber dans la paranoïa, cela passe par des choses toutes simples : détruire ses documents sensibles avant de les jeter, réparer sa boîte aux lettres pour éviter de se faire subtiliser son courrier, ou demander à récupérer les documents fournis, par exemple, à un organisme de prêt ou une agence immobilière. Cela demande une certaine dose de persuasion, mais si tout le monde s'y met, c'est sans doute le meilleur moyen pour protéger ce que chacun a de plus unique : son identité.

Une chronique de Corinne Audouin

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