Par Jean-Philippe Deniau

Les anonymes - Un pienghjite micca de Pierre Schoeller
Les anonymes - Un pienghjite micca de Pierre Schoeller © radio-france

Rendez-vous sur Canal+ lundi 11 mars pour découvrir une fiction particulièrement réussi : "Les Anonymes", un film de Pierre Schoeller, le réalisateur d’"Une affaire d'état".

Il a cette fois-ci reconstitué le parcours du commando qui a assassiné le Préfet Claude Erignac le 6 février 1998.

Les Anonymes commencent par cette scène encore aujourd'hui inimaginable de l'assassinat d'un Préfet dans une rue sombre d'Ajaccio.

Et Pierre Schoeller nous engage alors sur deux réflexions parallèles qui nous permettent de comprendre comment un petit groupe de militants parviennent à mettre sur pied un tel assassinat et comment ces hommes du commando des Anonymes vont finir par tout avouer en moins de 96 heures de garde à vue.

C'est Mathieu Amalric qui incarne le truculent Roger Marion, ancien patron de la police antiterroriste, qui dirigea cette garde à vue décisive.

Et tout au long de ce film, Pierre Schoeller réussit à nous faire douter de devoir classer son œuvre dans la catégorie « fiction » ou « documentaire ». Grâce, notamment, au consultant historique des Anonymes, le journaliste Eric Pelletier.

Ma partie a consisté essentiellement à amener des éléments qui étaient le plus proches possible de la réalité, des anecdotes, des procès verbaux d’auditions, des reconstitutions de gardes à vue, et Pierre Schoeller a porté son regard, c’est-à-dire qu’il a habillé les silences de cette affaire, qui en comporte quelques-uns.

  • Tous les dialogues que l’on entend sont issus de la réalité ?

Bien sûr, notamment la première partie, qui est basée essentiellement sur les gardes à vue, porte sur la restitution des gardes à vue. Mais est-ce qu’un PV de garde à vue restitue l’intégralité de ce qu’il se passe entre deux personnes dans le huis clos de leurs consciences respectives ? Certainement pas, et je crois que ce film apporte un certain nombre d’éclairages qui ne sont pas véridiques, mais qui sont des projections et des reconstitutions de ce qui a pu se passer au moment des gardes à vue

Les Anonymes, c'est certainement la meilleure façon de comprendre cette tragique page d'histoire de la France.

Pierre Schoeller ouvre d'ailleurs son film sur cette lettre manuscrite que Claude Erignac avait écrite le jour où il apprit sa nomination à la Préfecture d'Ajaccio, et dont la lecture aujourd'hui encore est terrible : « J'ai clairement conscience de partir vers une mission impossible, j'ai toujours préféré faire envie que pitié. »

« Les Anonymes »

Lundi 11 mars 2013 à 20h55

sur Canal+

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