En attendant le procès des attentats du 13 novembre 2015, le fonds de garantie des victimes dresse le bilan des indemnisations qui ont déjà été versées : 85 millions d'euros pour les victimes des attentats au Bataclan, sur les terrasses des cafés et au stade de France.

 85 millions d'euros ont été versés pour les victimes des attentats au Bataclan, sur les terrasses des cafés et au stade de France.
85 millions d'euros ont été versés pour les victimes des attentats au Bataclan, sur les terrasses des cafés et au stade de France. © Radio France / Olivier Bénis

Ces 2 625 victimes sont bien entendu les personnes blessées, les familles des personnes décédées, et tous ceux qui ont subi un traumatisme ou un préjudice. Le fonds de garantie répare, autant que faire se peut. En versant de l'argent pour ceux qui ont subi des soins lourds ou ceux qui ont perdu leur emploi. Mais il y a d'autres préjudices qui donnent lieu à indemnisation comme le préjudice de mort imminente pour les spectateurs du Bataclan qui ont subi cet assaut pendant plusieurs heures en étant persuadés qu'ils allaient mourir, ou encore le préjudice d'attente et d'inquiétude pour les familles qui ont attendu des heures, et parfois des jours, avant d'avoir des nouvelles de leur proche dont ils savaient qu'il était sur un des lieux des attentats. Et ce nombre de 2 625 victimes du 13 novembre n'est même pas définitif puisque cette année encore, le fonds de garantie a reçu 70 nouvelles demandes. Il s'agit notamment de "certains blessés psychiques qui pensaient après les attentats pouvoir faire face seuls" explique le directeur général du Fonds de Garantie Julien Rencki,  "ils se rendent compte plusieurs mois ou plusieurs années après que ce n'est pas le cas". Les victimes ont un délai de 10 ans après les faits pour saisir le Fond de Garantie.

Les indemnisations perçues permettent de couvrir les frais engendrés comme par exemple, pour des victimes qui ont subi des blessures physiques. Mais il y a également une grille d'évaluation pour les préjudices immatériels, les préjudices psychologiques. Et, c'est une première, le Fonds de Garantie publie cette grille pour la première fois depuis sa création il y a 32 ans. Ainsi, un intermittent du spectacle qui a fait état de blessures psychiques, a à ce jour perçu 35 000 euros. Autre exemple, ce père de famille qui a perdu son épouse dans les attentats : perte de revenus, préjudice d'affection, préjudice d'attente et d'inquiétude, préjudice exceptionnel des victimes du terrorisme, indemnisations pour les deux enfants de 10 et 15 ans : il a reçu à ce jour 1 million 50 000 euros. 

Le dédommagement ne se réduit pas au versement d'argent, "quand une victime handicapée constate que son domicile n'est plus adapté, nous pouvons l'aider à repenser l'aménagement. Nous lançons également une expérimentation pour accompagner les victimes sur le chemin du retour à l'emploi" complète Julien Rencki. En marge de cette mécanique de l’indemnisation développée par le Fonds de Garantie, il y a la problématique des "fausses victimes" des attentats du 13 novembre. A ce jour, 12 personnes ont été condamnées pour avoir inventé leur présence sur les lieux des attentats. 

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