Mohamed Achamlane, le fondateur du groupe « Forsane Alizza » (« les cavaliers de la liberté ») comparait cette semaine devant le tribunal correctionnel de Paris pour ses actions anti islamophobes, avec 13 autres membres de ce groupe jugés pour association de malfaiteurs en vue de commettre des attentats.

quelque 90 détenus sont suivis pour risque de radicalisation islamiste
quelque 90 détenus sont suivis pour risque de radicalisation islamiste © reuters

Les membres de Forzane Alizza avaient tous été arrêtés quelques jours après les tueries de Mohamed Merah en mars 2012 . Leurs avocats essayent à présent de montrer qu’il y avait surtout une forte volonté politique derrière ce dossier et très peu de preuves.

La grande difficulté dans ce genre de procès, c’est de juger des intentions de commettre des actes terroristes. Là, Mohamed Achamlane avait une visibilité médiatique. Un activiste reconnu pour son combat anti islamophobe quitte à adopter les mêmes caractéristiques que les organisations qu’il combattait selon lui : les groupes d’extrême droite du genre Bloc identitaire, ou encore la ligue de défense juive. Pratique de sports de combat, intimidation, agression physique, mais jamais au-delà. C’est exactement ce que revendique Achamlane. C’est aussi sa ligne de défense relayée par son avocat Béranger Tourné :

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Le cinq sept 2013 - DLP 1 Bérangé Tourné

Mohamed Achamlane n’a cessé de rappeler, durant trois jours, le contexte de l’époque de son arrestation, après les échecs de la DCRI, l’ex direction centrale du renseignement intérieur pour neutraliser Mohamed Merah. Il s’agirait donc, pour le principal prévenu de ce procès, d’un coup politique pour montrer que la police pouvait démanteler des réseaux terroristes présumés, mais avec quelles preuves ?

Par exemple l’existence d’un fichier retrouvé sur un disque dur informatique d’Achemlane baptisé « cibles », on pouvait y retrouver l’adresse de 5 Hypercasher, comme celui de la porte de Vincennes à Paris, pris pour cible en janvier dernier.

Et c’est ce que regretteBéranger Tourné :

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Le cinq sept 2013 - SON 2 DLP Béranger Tourné

Que dit exactement l’accusation aujourd’hui ?

Tout d’abord, il y a eu les pièces du dossier d’instruction lu par la présidente du tribunal, Dominique Piau.

Ces armes retrouvées chez plusieurs membres de Forsane Alizza, en particulier chez Mohamed Achamlane, même si elles étaient démilitarisées, en partie neutralisées et destinées officiellement à faire peur sur des vidéos.

Enfin, il y a ces deux témoignages à charge d’anciens membres de Forsane Alizza, qualifiés de « traitres » et de « fiottes ». Leurs procès verbaux réalisés par des policiers de la DCRI sont accablants : ils décrivent un projet d’enlèvement d’un magistrat lyonnais, ce que le dossier d’instruction n’a pourtant pas étayé.

La question est donc de savoir si Achamlane et ses fidèles étaient bien des activistes en train de se radicaliser et de devenir des Merah, des Kouachi ou des Coulibaly en puissance. Il faudra pour cela attendre les réquisitions du procureur, Ludovic Lestel, dans 10 jours, et surtout la décision du tribunal le 3 juillet prochain.

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