Hier, au Tribunal correctionnel de Versailles, c’était un avocat qui était dans le rôle de l'accusé : maître Mohamed Laribi. Il aurait participé à un vaste trafic de faux papiers pour l'obtention de titres de séjour entre 2006 et 2010.

A la tête de ce trafic, un boucher d'origine marocaine défendu sur cette affaire par Maître Herzog, lui-même d’ailleurs mis en examen pour trafic d'influence à la suite des écoutes diligentées sur les téléphones de Nicolas Sarkozy. Une audience qui s'est tenue finalement sans Thierry Herzog. Il sera là ce matin pour les plaidoiries selon son jeune collaborateur qui avait pris le relais. Mais pas hier, donc, lorsque Maître Mohamed Laribi a avoué avoir franchi les frontières déontologiques de sa profession.

Maître Mohamed Laribi s'est défendu nerveusement, coupant la parole de la présidente du tribunal qui lui demande de se calmer à plusieurs reprises. Son propre avocat le rabroue : « Momo calme toi ». Mohamed Laribi voulait montrer que cette histoire est avant tout un « accident de la vie ». Une séparation brutale avec son épouse après un adultère, plus de maison, plus de cabinet d'avocat d'affaire dans Paris, il se retrouve dans un hôtel de banlieue à Thiais. Les dettes, l'alcool, un besoin urgent d'argent, c'est là qu'on lui propose des nouveaux clients avec ou sans papier mais qui tous se débattaient, dit-il, face aux nouvelles lois Sarkozy et la peur d'être expulsé...

Mohamed Laribi ne perd pas tout à fait le nord. Il demande d'abord 1000 euros par dossier puis 500. Un tarif de groupe sans doute....

C'est le boucher du quartier qui lui amène de nouveaux clients. Mais, il y a ce voisin de chambre dans l'hôtel qui fabrique des quittances de loyers bidons, des fausses factures de gaz et à la préfecture de Versailles, un vigile et une fonctionnaire qui lui permettent de couper les longues files d'attente. L'avocat finit même par réclamer des faux certificats pour sa nouvelle concubine. Maître Laribi a déjà évité de justesse la radiation du barreau.

C'est son avocat, Pascal Bruelle, qui lui sauve la mise il y a deux ans . Il est là, à nouveau, au pénal à Versailles, mais ne cache pas un certain malaise :

Maître Bruelle a changé de ton lorsque a été évoquée la situation d'un autre avocat célèbre, Maître Herzog, qui pourrait lui aussi se retrouver prochainement de l'autre côté de la barre.

Et là, aucune compassion, mais de la colère :

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