Cinq ans après les attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts au Bataclan, au Stade de France et sur les terrasses du 10e arrondissement de Paris, la perspective du procès est désormais dans toutes les têtes. Un procès qui sera forcément exceptionnel, par ses enjeux, sa durée, ses dimensions.

Construction d'une salle d'audience spéciale au cœur de la salle des pas perdus du palais de justice de Paris.
Construction d'une salle d'audience spéciale au cœur de la salle des pas perdus du palais de justice de Paris. © AFP / Thomas Samson

Il faut s'imaginer en septembre 2021 - c'est la date envisagée à ce jour -  sur l'île de la Cité à Paris, là où se trouve le vieux palais de justice. Il faut imaginer la foule des personnes qui viendront assister à l'ouverture des débats. C'est d'ailleurs l'une des principales préoccupations des organisateurs de ce procès exceptionnel : la gestion du monde et des flux de circulation. Deux accès au tribunal sont donc prévus : l'entrée principale et pour les professionnels - les quelques centaines d'avocats notamment- , l'entrée située à l'arrière du bâtiment, place Dauphine. Cette même porte avait été fermée suite aux attentats du 13 novembre justement. Elle rouvrira pour l'occasion. 

Il faut donc s'imaginer les 350 avocats constitués dans le dossier, les près de 1800 personnes qui se sont portées parties civiles : survivants des attaques, blessés, proches des 130 personnes assassinées.  S'ajoute encore la presse du monde entier. 

Tout cela dans un contexte hyper sécuritaire. Car parmi les 13 accusés qui seront présents à l'audience, un certain Salah Abdeslam, seul survivant des commandos terroristes et l'un des détenus les plus surveillés de France. Chaque jour, le principal accusé et les autres arriveront en fourgons sécurisés depuis les prisons de région parisienne où ils seront détenus le temps du procès. Alors, pour faciliter ces arrivées, mais aussi - voire surtout - celles des nombreuses parties civiles, il est prévu que les audiences se tiennent à partir de la mi-journée et jusqu'au soir. L'idée est d'éviter les longues files d'attente dès le matin et la pause déjeuner qui oblige tout le monde à sortir de la salle et des périmètres sécurisés. 

Des dizaines de salles mobilisées

La salle, justement parlons-en. Les salles plutôt. La principale est en cours de construction, à l'intérieur du vieux palais, dans la salle des pas perdus.  Elle devrait pouvoir accueillir jusqu'à 600 personnes et sera dotée d'écrans de retransmissions pour les rangs du fond ou même les gradins situés sur les côtés. En plus, plusieurs dizaines d'autres salles seront également dédiées à la vidéotransmission de ce procès public. 

Et enfin, pour les parties civiles uniquement et parce que la majorité d'entre elles ne pourront pas suivre l'intégralité de cette audience qui doit durer six mois au moins, voire même se déplacer sur Paris, une retransmission par webradio est envisagée. Pas vidéo par peur d'un détournement des images par des personnes mal intentionnées. 

Voilà donc ce à quoi devrait ressembler le procès V13, comme l'appellent les initiés. V13 pour Vendredi 13 novembre. Rien n'est totalement figé, des discussions sont encore en cours et l'audience des attentats de janvier 2015 est scrutée avec attention. Mais surtout, cette audience s'efforcera d'être comme les autres. Comme tous les autres procès en France. Car quels que soient les faits, quelle que soient les profondes cicatrices qu'ils ont laissées dans la société toute entière, les accusés seront jugés selon les mêmes règles et principes que tout autre.  Ceux de de notre état de droit.

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