Après la condamnation de l’un des ex plus grand flic de France Michel Neyret, condamné à deux ans et demi de prison ferme, c’est l’ancien patron du 36, la PJ parisienne, Bernard Petit qui devrait être renvoyé devant un tribunal…

llustration d’une tendance de  la justice à ne plus rien laisser passer y compris au plus haut niveau de la police

Sauf que cette fois, il ne s’agit pas de corruption, pas de trafic d'influence, de détournement de scellés pour rémunérer des indics, des informateurs. 

Quelques semaines après les attentats de Charlie hebdo et de l’Hypercasher à Paris au début de l’année 2015, Bernard Petit est placé en garde à vue pour violation du secret l’instruction dans une nébuleuse affaire de trafic d’influence présumé. Au départ, Il s’agissait d’obtenir des papiers à deux soeurs  marocaines. Affaire où l’on retrouve Christophe Rocancourt, « l’escroc des stars» poursuivis dans plusieurs affaires d’escroquerie et même dans l’affaire du vol de cocaïne au 36 Quai des orfèvres. Ou encore l’ancien préfet et patron du Gign  Christian Prouteau et enfin puis Koffi Yamgnane, l’ex ministre socialiste

Bernard Petit, lui, est limogé par l’ex ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve à l’issue de sa garde à vue et judiciairement, il est soupçonné d’avoir fourni (par l’intermédiaire d’un messager lui-même policier ) des informations sensibles  à Christian Prouteau. Dans ses réquisitions que nous avons pu consultées, le parquet de Paris réclame donc son renvoi devant un tribunal. Les juges d’instruction en charge de ce dossier (Roger  Le loir et Charlotte Bilger) devraient rendre leur ordonnance de renvoi dans quelques jours.

« Je m’y prépare, c’est inéluctable » confie Bernard Petit, auteur récemment du livre secrets de flic aux Editions du Seuil qui récuse  en bloc tout ce qui lui est reproché

Et c’est bien là toute la différence avec les précédentes histoires de policiers qui ont basculé et qui ont au moins en partie reconnu leurs dérapages pour Anne-Laure Compoint, l’avocate de Michel Neyret qui est également l’une des avocates de Bernard Petit

« Finalement ce n’est pas si simple de prouver certaines choses alors que ce devrait être au ministère public de rapporter la preuve de sa culpabilité et ce n’est pas simple non plus quand on occupait un tel poste et que l’on est fonctionnaire de Police ».

Evolution radicale des poursuites  contre les « flics » et surtout les grands…

Ces dernières années, Anne-Laure Compoint a constaté à quel point les magistrats mettaient un point d’honneur à ne pas laisser passer le moindre soupçon de connivence avec la police alors même que les parquets notamment établissent en amont des stratégies communes dans les affaires de Stups par exemple. « La réalité, c’est que le dialogue qui pouvait être avant possible avec les magistrats dans des affaires mettant en cause des fonctionnaires de Police  devient difficile. On peut être sur des positions qui peuvent être très violentes, humiliantes, agressives, trop rigides parce qu’exercer le métier de policier fait que vous n’êtes pas forcément en délicatesse avec  la loi mais qu’il faut naturellement une certaine souplesse pour arriver à la résolution de certaines affaires. Et alors si le fonctionnaire est en responsabilité importante, j’ai envie de dire que la réaction est d’autant plus forte ! ».

Dans cette affaire qui concerne Bernard Petit, on devrait avoir au total dans le prétoire un ex grand escroc des stars, un ancien patron de la police, son adjoint, l’ex très influent patron de l’association des œuvres sociales de la Police et l’un de ses bras droit  (Joaquim Masanet et Philippe Lemaitre), un ex préfet, un  notaire, un avocat et un ancien ministre. Ce serait du jamais vu...

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