Prison
Prison © Radio France

C'est une histoire de suicide en détention qui illustre la difficulté que peuvent avoir les familles à obtenir des informations de la part de l'institution judiciaire.

Tout commence le 30 août au matin : un surveillant de Fleury Mérogis découvre le corps de Josef de Mora Peirera. Cet homme d'une petite trentaine d'années, d'origine brésilienne, était légionnaire quand, en avril 2009, au Tchad, il tue quatre personnes : deux légionnaires, une sentinelle togolaise du camp militaire, et un paysan. Face aux brimades de ses camarades, de ses chefs, il a été pris d'un coup de folie, c'est ce qu'il explique lors de son arrestation. Mise en examen et détention provisoire à la Santé et puis à Fleury Mérogis, où il meurt, donc, il y a 15 jours.

- Pourquoi la famille de cet homme proteste-t-elle aujourd'hui ?

Parce que depuis le coup de fil qui apprend la mort de Josef à son frère, qui réside en France, justice et administration pénitentiaire refusent tout contact, toute explication à la famille. Depuis quinze jours, rien, explique Maître Eric Morain, l'avocat de la famille.

Interview de Maître Eric Morain

- Et ce silence alimente donc les questions que se pose la famille sur la mort de cet homme.

Oui, parce que Josef venait d'avoir l'autorisation d'appeler sa famille au Brésil chaque semaine, il allait recevoir son frère deux jours plus tard pour un parloir, il paraissait supporter sa détention, comme le laisse croire un courrier récent. Donc, selon la famille, il n’avait aucune raison de se suicider. Et en l'absence d'information, les proches s'imaginent que le fils a été assassiné, par un co-détenu par exemple, elle se met à croire à un complot. Une situation intenable, tellement intenable que le consulat du Brésil vient de demander des explications à l'administration pénitentiaire, sans réponse pour le moment.

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Une chronique deFranck Cognard

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