La justice française est en train d'enquêter sur les « années noires » de la guerre civile algérienne, une période sanglante, dans les années 90, entre islamistes et militaires algériens.

Marteau - salle d'assises
Marteau - salle d'assises © Radio France

Peut-être y aura-t-il un jour, un procès de ces « années noires » devant une Cour d’assises française. En 2003, une plainte est déposée contre deux anciens miliciens algériens installés à Nîmes : les frères Abdelkader et Hocine Mohamed. Les deux hommes sont accusés d’avoir participé à des enlèvements et à des exécutions de civils dans la ville de Rélizane, à l’ouest d’Alger, à la fin des années 90.

Toute cette histoire est partie d’un homme, le responsable de la Ligue des droits de l’Homme à Rélizane, Mohamed Smaïn, qui fut le premier à dénoncer les agissements de ces groupes armés. Nous l’avions rencontré en janvier 2013, lors de son passage en France :

Mohamed Smaïn ressemble les preuves, les témoignages, filme les charniers, mais fait l’objet d’un harcèlement judiciaire du pouvoir algérien. Il est même condamné pour « dénonciation de crime imaginaire », en Algérie.

En France, l’enquête se poursuit et plusieurs juges d’instruction nîmois se succèdent. Les deux frères algériens démentent la moindre exaction.

En mars 2004, ils sont mis en examen pour « torture », « actes de barbarie » et « crime contre l’humanité ».

Finalement, en juillet 2013, le parquet de Nîmes requiert le renvoi des deux miliciens algériens devant les Assises . C’est désormais à la juge d’instruction Morgane Le Donche, qui a repris le dossier, de décider si oui ou non, un procès doit bien avoir lieu. C’est en tous cas ce que souhaite l’avocat des parties civiles, Patrick Baudoin :

Un dossier judiciaire qui pèse indéniablement dans les relations franco-algériennes, tout comme une autre affaire très sensible : l’assassinat des moines des Tibéhirine.

Le juge antiterroriste Marc Trévidic, qui enquête sur cette affaire, attend toujours le feu vert des autorités algériennes pour se rendre sur place et procéder notamment à des expertises médico-légales.

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